Comment vaincre la crise du logement? Le titre du débat organisé par la Tribune de Genève, mercredi soir à l’Université, était ambitieux. La soirée venait clore une série d’articles de fond sur la question. La solution pour venir à bout de ce marasme – on le savait avant mercredi soir – ne naîtra pas d’une mesure unique, mais d’un ensemble.
Sandrine Salerno et Carole-Anne Kast, maires socialistes de Genève et d’Onex, prônent une intervention lourde de l’Etat. La première a proposé de prolonger les effets de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations actuellement de cinq ans à dix ou vingt ans.
Problème, souligne le conseiller d’Etat en charge des constructions, Mark Muller: cela ne met pas un logement de plus sur le marché.
Autre idée de Sandrine Salerno: créer un impôt sur les terrains non bâtis. Et s’ils sont toujours vides de logements dix ans après leur vente, l’Etat devrait exproprier et préempter. Pour Carole-Anne Kast, l’Etat doit «mettre sur le marché des logements au prix qu’ils ont coûté». A terme, l’Etat, comme «propriétaire éthique», deviendrait le «référentiel du loyer correct», tant il est vrai, selon la secrétaire générale du Rassemblement pour une politique sociale du logement, qu’il doit exercer son droit de préemption en zone de développement au lieu de laisser les privés le faire.
«S’il y a une chose qui ne manque pas à Genève, ce sont les investisseurs, privés ou publics», rétorque Benoît Genecand, président de la Chambre genevoise immobilière. Selon lui, l’urgence demande une «union sacrée des forces politiques» pour «laisser évoluer les grands projets le plus vite possible».
«Je ne veux pas raconter d’histoires aux Genevois. Il n’y a pas de solution unique. Mon travail tient en trois axes, résume Mark Muller. Mettre des terrains à bâtir à disposition; mener une politique sociale active; accélérer les procédures. Et pour rendre le tout efficace, il faut faire preuve d’une volonté politique ferme, avancer malgré les oppositions.»