Les prétendus "crimes d’honneur" dont les femmes sont majoritairement les victimes constituent de flagrantes violations des droits de l’Homme qui n’ont aucune justification culturelle, estime le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) dans un rapport publié mercredi.
"Le développement culturel est un droit équivalent au développement économique ou social", indique le FNUAP en soulignant que les "approches de sensibilité culturelle sont cruciales" pour les politiques de développement.
Mais "la sensibilité culturelle ne doit pas signifier l’acceptation de pratiques traditionnelles nuisibles ou donner un blanc seing aux abus de droits de l’Homme", prévient l’organisation dans son rapport annuel sur l’Etat de la population mondiale.
"Les crimes d’honneur sont une flagrante violation des droits de l’Homme qui n’a aucune justification culturelle", souligne le FNUAP dans son étude intitulée "Lieux de convergence: culture, genre et droits de la personne".
La perception de certaines sociétés est que "l’honneur des hommes dépend du contrôle des femmes, particulièrement en ce qui concerne leur sexualité", une femme pouvant être "déshonnorée" pour avoir "entretenu des relations extra maritales, initié une séparation ou un divorce, ou en étant victime de viol", décrit le FNUAP.
"Parce que certaines personnes perçoivent la religion comme faisant autorité, un appel à mauvais escient de la religion peut être justifié pour des pratiques nuisibles, même des crimes", est-il relevé dans le rapport.
Ainsi, "dans certaines sociétés les crimes d’honneur et les crimes passionnels sont perçus comme légitimés par des préceptes religieux", poursuit le FNUAP.
Selon l’organisation, "il est important de créer des alliances avec des faiseurs d’opinion et des responsables, comme avec des gens et des organisations qui travaillent sur le terrain" pour faire changer les populations de points de vue.