Nocturne

Crépuscule des boîtes de nuit, aurore des squats?

Par MARC BRETTON le 12.10.2010 à 00:00

Après les déboires du Moa et de Weetamix, le MàD devra quitter ses locaux en 2011. Un chercheur de l’EPFL confirme la pénurie de lieux culturels financièrement accessibles à Genève.

La fermeture du Moa a donné un coup de pied dans la fourmilière de l’animation nocturne genevoise. La salle électro Weetamix est sous le couperet du Service du commerce. Le Moulin à Danses (MàD) est aussi menacé: «La prochaine création de l’écoquartier d’Artamis va aboutir à des hausses de loyer insoutenables», explique Aymon Choisy, directeur du MàD: «La fin de notre bail officiel est prévue en janvier 2011. Le premier coup de pelle, à confirmer, sera donné début 2012.»

Alors que le MàD angoisse, Weetamix tente de sauver sa peau: «On nous a envoyé ce week-end des agents à six reprises pour nous dire de fermer», explique Dimitri, le responsable des lieux. «Nous préférerions que l’Etat nous envoie le Service du feu pour faire les constats nous permettant d’obtenir les autorisations d’organiser les spectacles que nous demandons.» La réaction du Tribunal administratif, saisi par le Moa et Weetamix, qui ont fait recours contre la décision de les fermer, est attendue avec impatience.

Mugny: «Décision absurde»
Le «serrage de boulons» provoqué par le dernier rapport de la Cour des comptes sur le Service du commerce pourrait déboucher sur un résultat paradoxal: la résurgence du squat culturel. Dimitri le dit à demi-mot: «Nous n’allons pas arrêter nos activités. Si on nous empêche de continuer et que le dialogue est rompu, nous irons dans d’autres lieux moins adaptés.» Ancien membre de Post Tenebras Rock, fondateur de l’Usine et conseiller administratif en charge de la Culture, Patrice Mugny est conscient du risque: «La réoccupation d’espaces en zone urbaine pour des activités artistiques interdites est possible. Comme le montre une étude que nous allons dévoiler prochainement: la nuit, le canton manque de lieux de divertissement pour les gens pas trop fortunés.» Et le magistrat qui annonce des «Etats généraux de la nuit», condamne «la décision absurde de l’Etat de fermer deux établissements en un week-end». Des solutions? L’édile en pointe quelques unes, comme la mise à disposition ponctuelle du Palladium ou de la salle du Faubourg à l’Usine, mais ce projet doit encore être affiné.

Botellón ou Moa
Chercheur au laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL, Luca Pattaroni décode le malaise: «L’émotion autour de la fermeture du Moa est un  piphénomène. Elle intervient dans un contexte de pénurie de lieux culturels accessibles. A Genève un jeune de 20?ans a le choix entre le Moa ou le botellón (apéro géant). Et il n’y a plus le Moa.» Pour le chercheur, la situation pourra entraîner le renouveau du mouvement squat, «car la situation est assez semblable à celle des années 70 avant l’essor de lieux culturels des années 80-95. Mais une telle évolution demanderait une certaine tolérance juridique.»
Pour trouver des solutions politiques aux problèmes des boîtes de nuit, certains ont d’autres projets. Les jeunes libéraux-radicaux ont déposé hier une pétition au Grand Conseil: «Il faut adapter la loi pour permettre aux boîtes de nuit de s’installer en zone industrielle», souligne Adrien Genecand, conseiller municipal et coprésident des Jeunes libéraux-radicaux.

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