Le constat est amer. Depuis juillet dernier, 42 cambriolages ont frappé des crèches et des jardins d’enfants de la Ville de Genève. Face à ce phénomène inquiétant, la Municipalité tire la sonnette d’alarme. Elle a décidé d’équiper de systèmes de sécurité toutes ses institutions subventionnées.
«Je ne pense pas que les crèches soient particulièrement visées par les cambrioleurs, car les vols sont en recrudescence partout, constate Marie-Françoise de Tassigny, déléguée à la petite enfance. Mais le fait est que ce sont des proies faciles. Certaines sont isolées, ou entourées de jardins. Et surtout, ces bâtiments sont vides durant le week-end.»
Selon les statistiques, plus de la moitié des 77 institutions subventionnées de la Ville ont été «visitées», certaines à plusieurs reprises, entre juillet 2008 et mars 2009. En gros, cela revient à un cambriolage par semaine!
Matériel informatique et fond de caisse visés
Mais qu’y a-t-il à voler dans ces locaux dédiés aux plus jeunes enfants? «Principalement du matériel informatique, ou le fond de caisse nécessaire aux petites dépenses courantes. Des cambrioleurs n’ont pas hésité à desceller des coffres, indique Marie-Françoise de Tassigny. Mais il n’y a jamais beaucoup d’argent à prendre, car toutes les transactions financières passent par la banque.»
En revanche, parfois, des crèches ont été mises sens dessus dessous. «Il y a un côté choquant dans ce genre de déprédations, poursuit-elle. Cela peut être très traumatisant pour les tout-petits ainsi que pour les éducatrices, qui mettent tout leur cœur à faire de ces locaux des lieux accueillants.»
Alarmes avant l’été
Maire de Genève, Manuel Tornare rassure: «Les crèches ne vont pas devenir des forteresses! Elles doivent rester des lieux ouverts. Mais des lieux de vie où l’on respecte la sécurité des personnes.»
Ainsi, il n’est pas question que la Ville pose des caméras. Il n’y aura pas non plus de patrouilles de surveillance. En revanche, des alarmes effraction seront installées partout, avant cet été.
Les leçons d’un drame
Des digicodes équipent déjà bon nombre de bâtiments. «Je l’ai demandé, depuis le drame qui s’est déroulé en Belgique», précise le conseiller administratif chargé du Département de la cohésion sociale. En janvier dernier, en effet, à Termonde, près de Bruxelles, un jeune forcené est entré dans une garderie et a tué deux bébés et un adulte, à coups de couteau.
«Ce qui m’importe, c’est justement l’intégrité des enfants et du personnel des crèches», rappelle Manuel Tornare. «Par ailleurs, on n’est pas à l’abri d’un conflit parental, où l’un des parents viendrait enlever son enfant», ajoute Marie- Françoise de Tassigny.
On n’en est heureusement pas là. Les vols se sont déroulés en dehors des heures d’ouverture des crèches et, jusqu’à présent, aucune violence sur des personnes n’est à déplorer.