Une session du Conseil des droits de l'homme consacrée à l'examen des rapports de 16 pays a commencé lundi. Jusqu'au 13 février, des pays controversés, comme Cuba, la Russie, la Chine et l'Arabie saoudite, se présentent pour la première fois.
Les militants des droits de l'homme et les ONG attendent des résultats concrets de cette session, la quatrième depuis le lancement du mécanisme de l'examen périodique universel (EPU) en avril dernier.
«Nous exhortons les membres du Conseil à saisir cette occasion unique pour se concentrer sur les défis les plus importants dans chaque pays et faire des recommandations concrètes pour y améliorer le respect des droits de l'homme», a déclaré lundi le représentant à l'ONU d'Amnesty International, Peter Splinter.
La session a commencé par l'examen de l'Allemagne, critiquée notamment pour sa politique d'asile, d'immigration, envers l'extrémisme de droite, l'égalité des droits entre hommes et femmes.
Promesses de Cuba...
La préparation du premier rapport de Cuba, examiné jeudi, a déjà suscité une polémique. Un total de 326 ONG ont envoyé des contributions sur Cuba auprès du Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme, une grande partie consacrée aux dommages causés par l'embargo américain.
Les organisations comme Human Rights Watch (HRW), la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) ou Amnesty International se retrouvent noyées dans le flot de contributions favorables au régime de Raul Castro.
Le 28 janvier, le chef de la diplomatie cubaine Felipe Pérez Roque a néanmoins annoncé que le gouvernement de Raul Castro va ratifier la convention internationale de l'ONU contre les disparitions forcées et inviter le rapporteur spécial sur la torture, Manfred Nowak, à visiter l'île cette année.
Les Pactes de l'ONU sur les droits économiques, sociaux et culturels et sur les droits politiques et civiques «pourraient être ratifiés par Cuba en 2009 ou 2010». ...et de la Chine
Suivant l'examen de Cuba, l'Arabie saoudite sera sur la sellette vendredi. La situation des droits de l'homme y est désastreuse, affirme Amnesty. Exécutions, tortures, flagellations, amputations font partie de la routine d'un régime dominé par une interprétation rigoriste de l'Islam.
Lors de l'examen de la Chine, prévu dans une semaine, les ONG veulent insister sur la liberté d'expression, les droits des minorités, la torture. Dans leur rapport, les autorités de Pékin limitent leurs engagements futurs à la lutte contre la pauvreté, au développement des minorités, à la protection de l'environnement, à la réforme du système judiciaire.
L'examen de chaque Etat est fondé sur trois rapports différents: le premier est présenté par le pays examiné, le second est élaboré par le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme, sur la base des éléments recueillis auprès des organes pertinents de l'ONU, et le troisième est une compilation des informations des ONG.
Un dialogue public de trois heures a lieu entre les gouvernements et le pays concerné au terme duquel des recommandations sont formulées. Les 192 pays membres de l'ONU sont soumis à cet examen tous les quatre ans. La Suisse a présenté son rapport en mai dernier.