Après la Ville de Genève, qui a introduit le principe en 1989, Lancy sera la deuxième commune genevoise à instaurer le macaron de stationnement pour ses habitants. Cette pastille, à coller sur son pare-brise, permet un parking à durée illimitée dans son quartier. La méthode vise principalement à lutter contre le stationnement de voitures tampon dans les zones résidentielles.
«Depuis l’arrivée du tram sur la commune, de plus en plus de pendulaires se parquent le matin dans nos rues pour emprunter ensuite les transports publics, explique François Lance, conseiller administratif en charge du dossier. Ce qui pose des problèmes récurrents aux résidents, aux commerçants et à tous les prestataires de service.»
Horodateurs devant les commerces
Le projet, déjà sur les rails, a obtenu l’accord indispensable de la Direction générale de la mobilité (DGM). «La procédure est longue. Nous devons encore poursuivre les négociations avec certains propriétaires de parkings privés, actuellement en zone bleue, notamment devant les commerces.»
Car avec l’introduction du macaron permettant de laisser sa voiture durant toute la journée, les places situées devant les magasins risqueraient d’être trop occupées. «Nous allons donc devoir probablement supprimer la zone bleue et instaurer le principe des horodateurs dans certains lieux stratégiques.»
Si tout se déroule comme prévu, on pourrait voir apparaître le macaron au Grand-Lancy dès cet été. «Nous devons encore définir le nombre exact de places concernées, passer par une mise à l’enquête publique et un arrêté du Conseil d’Etat pour démarrer, poursuit François Lance. On a entamé la réflexion en 2006 déjà et on se réjouit de voir aboutir ce dossier.» Après quelques mois, la Mairie envisage d’étendre le dispositif au Petit-Lancy. «Il est préférable de tester sur un seul quartier avant d’aller plus loin», assure le magistrat lancéen.
180?francs par année
Par ailleurs, contrairement à la Ville de Genève, Lancy a décidé de confier la surveillance du stationnement à ses propres agents municipaux (APM). «Nous avons hésité à laisser la Fondation des parkings assumer cette tâche, poursuit François Lance. Nous devrons payer une prestation, équivalant au salaire d’un APM, à la Fondation des parkings, qui vend le macaron. Mais les recettes des amendes seront pour la commune.» Car le prix de 180?francs par année et la distribution de la vignette sont régis par une loi cantonale.
Chêne-Bourg suivra et Plan-les-Ouates espère
Une troisième commune, Chêne-Bourg, a lancé la procédure et devrait obtenir l’introduction du macaron d’ici à la fin de l’année. Cette commune des Trois-Chêne avait pourtant essuyé un refus lors d’une précédente demande en 2005. «Depuis, nous avons lancé une étude qui nous a permis de prouver l’utilité de ce dispositif, explique Pierre Debarge, magistrat responsable. Cette zone bleue à macaron sera instaurée sur le centre de la commune et le plateau de Bel Air.»
A Plan-les-Ouates, la réflexion est déjà bien avancée. «Nous avons réalisé une étude qui a permis de mettre en avant la nécessité de ce dispositif, explique Thierry Durand, maire de Plan-les-Ouates. Nous avons encore une cartographie très précise à réaliser. Ce principe devrait essentiellement couvrir la zone résidentielle, en marge de la zone industrielle, pour laquelle un plan de mobilité est en cours.» D’autres communes comme Carouge, Meyrin ou Onex ont déjà évoqué le sujet, mais n’ont pas encore tranché.
Eviter le P + R gratuit
Le macaron est une vignette que les habitants acquièrent directement à la Fondation des parkings au prix de 180?francs par an. «Il permet de stationner, sans limite de temps, dans les places marquées en zone bleue de son quartier de domicile, explique Yves Delacrétaz, directeur général de la mobilité. Ce dispositif se justifie dans des secteurs d’habitations fréquemment utilisés par des pendulaires. C’est un outil extrêmement utile pour réguler le stationnement dans ces secteurs.»
Si le principe s’avère intéressant dans certaines zones, la Direction générale de la mobilité ne donne pourtant pas facilement son feu vert. «Pour que nous entrions en matière, il faut que les communes réalisent une étude préalable qui justifie l’introduction du macaron. Car d’autres méthodes, comme les horodateurs, la zone bleue normale ou le stationnement à limitation de 2 à 4?heures, comme cela est demandé parfois devant les écoles, peuvent être tout aussi pertinentes.»
En clair, le macaron vise à enrayer le stationnement quotidien des pendulaires, qui, avec l’introduction du macaron en Ville de Genève, s’est reporté sur les communes suburbaines. L’arrivée du tram à Lancy a mis le problème en évidence. Onex et Meyrin vont aussi lancer des études après la mise en service complète des lignes passant sur leur territoire, pour éviter d’offrir un P?+?R (parking et relais) gratuit à certains.