Dans la journée de lundi, plusieurs enveloppes contenant du liquide corrosif ont été adressées à des banquiers privés genevois ainsi qu’à des membres de leurs familles. Dans deux cas, des personnes ont été blessées. Alertés, les services de la police judiciaire ont envoyé hier un courrier aux différents établissements financiers de la place, les invitant à se méfier d’éventuels nouveaux colis suspects et, le cas échéant, à éviter de les manipuler.
Ces enveloppes à bulles, de format C5 (soit la moitié d’un format A4) et de couleur blanche, ont été postées ce week-end. Affranchis en courrier A, les colis portaient tous un tampon de la poste, daté du dimanche 22 août à 22?heures.
Adresse écrite à la main
L’adresse des différents destinataires a été écrite à la main. Selon la missive de la police envoyée aux banques privées que la Tribune de Genève a pu se procurer, l’expéditeur des colis s’est servi d’un chablon – du même type que ceux qu’utilisent les architectes et les spécialistes du dessin technique en mécanique – afin que son écriture ne puisse pas être reconnue. La police n’a pas précisé d’où ont été expédiées les lettres ni combien d’exemplaires ont été envoyés au total.
Les enveloppes envoyées aux banquiers contenaient toutes une petite boîte ronde et grise faite de matière synthétique, haute de dix millimètres et large de quarante millimètres. A l’intérieur, un liquide corrosif, «extrêmement acide», précise le courrier avertissant les banques, sans en préciser la nature exacte. Dans deux des cas connus de la police, des personnes ont été blessées par la substance en question.
N’excluant pas de nouveaux envois ou d’autres colis éventuellement déjà postés, la police judiciaire exhorte les banquiers privés à faire usage de prudence en cas de réception, «à une adresse privée ou professionnelle», d’un nouveau paquet portant une adresse inscrite en caractères manuscrits à l’aide d’un chablon. Qu’il s’agisse d’un colis, d’une enveloppe à bulles ou une lettre standard, les éventuels destinataires sont appelés à se montrer vigilants. «Il y a lieu de prendre de très grandes précautions pour ouvrir ces contenants, d’éviter au possible de manipuler leur contenu et d’aviser immédiatement la police, soit par le biais de la centrale police (117) ou directement auprès des enquêteurs», conclut la lettre, sur laquelle figurent les photos de l’une des enveloppes et des boîtes contenant la substance corrosive.
Contacté, l’un des destinataires de ces enveloppes piégées n’a pas souhaité s’exprimer. Les banques privées ont, quant à elles, également préféré ne pas commenter l’affaire afin de permettre à l’enquête de suivre son cours. Plusieurs confirment néanmoins avoir été mis au courant des faits par la police judiciaire.
L’enquête se poursuit afin de retrouver le ou les expéditeurs des colis et déterminer ses motivations. Les investigations sont diligentées par la Brigade criminelle.