La démarche est toute fraîche. La semaine passée, le Parti du travail (PdT) a approché le constituant de l’Avivo et ancien conseiller d’Etat Christian Grobet pour lui proposer une place sur la liste de la «gauche de la gauche» lors des élections de l’automne.
Jean-Luc Ardite, président du parti, confirme la nouvelle: «Nous avons toujours travaillé de manière fraternelle avec Christian malgré nos différends.» Apparemment, les rivalités entre l’ancien conseiller d’Etat et le PdT semblent oubliées.
Grobet pas encourageant
L’évolution a été rapide. A l’automne, les tensions entre le PdT et Christian Grobet étaient vives. En cause, la décision de celui-ci de pousser l’Avivo à lancer une liste à l’élection constituante, avant de tenter une opération identique en vue des élections cantonales.
Après le refus de l’Avivo de se lancer dans l’aventure cantonale, en avril dernier, le PdT semblait très satisfait de laisser Christian Grobet siéger à la Constituante et peu disposé à l’aider à poursuivre une carrière de député. Qu’est-ce qui a changé depuis? La réponse est toute simple: «J’ai appris qu’on pouvait cumuler les mandats de députés et de constituant», relève Jean-Luc Ardite. Aujourd’hui courtisé, Christian Grobet se montre pour l’heure peu encourageant: «Je ne suis pas candidat sur la liste du PdT et de Solidarités, des partis qui ne voulaient plus entendre parler des Indépendants», réagit-il.
Des conditions
Le point est sensible. Le PdT et Solidarités n’ont aucune intention d’ouvrir leur liste à une autre organisation politique. «Nous sommes en revanche ouverts à la présence d’indépendants, qu’ils soient proches de Christian Grobet ou pas», résume Pierre Vanek, permanent de Solidarités. Mais les nouveaux venus doivent être «parrainés» par un des partis pour être acceptés. «Chacun est responsable du contrôle de «ses» indépendants, histoire d’éviter de se retrouver en train de siéger avec des gens qui n’ont de comptes à rendre à pas grand monde», signale Pierre Vanek.
Solidarités justement a approché la semaine passée la conseillère municipale Salika Wenger, l’autre «personnalité» des Indépendants, pour lui proposer une place. Vu les conditions, «l’affaire est loin d’être conclue», signale la conseillère municipale. «On ne voulait pas d’Indépendants.
Ensuite, on en voulait, mais pas Christian ou moi; maintenant on ne parle plus que de nous. Nous voulons, plus que deux postes et aussi que le nom de notre groupe figure sur la liste.»
Salika Wenger se montre confiante: «Il serait incompréhensible pour la population que Salika Wenger ne soit pas sur la liste de la gauche radicale cet automne», affirme la conseillère municipale d’A gauche Toute! Que va-t-il se passer maintenant? Trois options. Soit les intéressés montent dans le train en acceptant d’être traités comme des «junior partners», quitte à rebondir plus tard; soit ils préparent une liste autonome pour l’automne; soit enfin, les Indépendants renoncent à se présenter.