L’image d’une Suisse idyllique et tolérante est effacée depuis belle lurette de la mémoire française. Aussi, les médias nationaux de notre voisin se sont-ils montrés choqués mais non pas particulièrement surpris par la nouvelle provocation de l’UDC stigmatisant «la racaille d’Annemasse». Leur réaction paraît même modérée. Du moins pour l’instant. Le site de l’hebdomadaire L’Express relève: « En France comme en Suisse, le terme «racaille» fait polémique. Mais certains l’assument. Comme l’UDC, principal parti conservateur suisse, souvent taxé de xénophobie (…).»
L’hebdomadaire fait allusion à l’emploi de ce mot par l’actuel président français lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur: «En octobre 2005 à Argenteuil (ndlr: ville de la banlieue parisienne) , Nicolas Sarkozy (…) avait déjà repris le terme «racailles» dans les propos d’une riveraine, provoquant lui aussi un vif débat. «Vous en avez assez? Vous en avez assez de cette bande de racailles? Ben, on va vous en débarrasser!» avait-il déclaré.»
Le site d’un autre hebdomadaire, celui du Point, souligne les oppositions que soulève l’affiche extrémiste: «Une publicité qui ne passe pas. De nombreuses voix se sont élevées après la publication, lundi, d’un encart du parti politique de droite, l’UDC, dans la Tribune de Genève .»
Le Point ménage également une large place à plusieurs extraits de l’éditorial, paru hier, publié par le rédacteur en chef de notre journal. L’un des blogs les plus lus du site Le Monde.fr, intitulé «Le veilleur du jour», évoque les réactions soulevées à Genève par l’encart extrémiste et rappelle l’affiche de l’UDC dite «du mouton noir», de triste mémoire: «Un concentré de racisme placardé dans toute la Suisse et qui avait déjà suscité une vive polémique. En terre helvétique comme à l’étranger.»
La radio Europe 1 présente l’UDC comme «l’équivalent suisse du Front national» et diffuse une interview du maire d’Annemasse, Christian Dupessey, qui envisage de saisir la justice à la suite de la publicité de l’UDC. En France voisine, les réactions sont plus vives. Le maire d’Ambilly, Guillaume Mathelier, appelle «les forces progressistes des deux pays» à dire «haut et fort ce qui est inacceptable».
Le président d’Annemasse Agglo, Robert Borrel, «assure les Genevois de notre confiante amitié et je comprends la honte que suscitent en eux de tels propos».