Du graffiti en galerie. Oui. Mais du graffiti sur toile, sur bois ou sur carton. Plus petit aussi que celui qui s’étale dans la rue. «On a eu l’opportunité d’exposer à l’Espace Nouveau Vallon à Chêne-Bougeries», expliquent Rey et Timer. Tous deux font partie, avec Zoma, du collectif Esprit du Karton. «Notre groupe existe depuis maintenant vingt ans. C’était une manière de fêter ça.»
Rey, Timer et Zoma ne sont donc plus tout jeunes. Ils exercent chacun un métier. «Mais le dimanche, nous nous retrouvons toujours avec le même plaisir pour créer des fresques éphémères.» Ce qui en reste, c’est une photo. Et le style. «Nous avons été très marqués par le lettrage des années 80.» Rey et Timer ont d’ailleurs passé dix aux Etats-Unis, le premier à San Diego, le second à Seattle et New York. «Un nécessaire retour aux sources. Tout est parti du métro new-yorkais dans les années 70. Au départ, le graffiti, c’était quelque chose qui comportait des lettres et qui bougeait.»
La grande récupération
Rey et Timer sont d’accord. «On n’a jamais fait ça pour le business.» Le graff’ a pourtant fait l’objet, depuis une décennie, d’une gigantesque récupération. «On le sent bien. Quand a commencé, à Genève, c’était quelque chose de mal. Aujourd’hui que c’est devenu mode, le genre semble presque acceptable.» On ne compte plus les pubs’, ou les spots, avec leur petit graff’ à l’arrière-plan.
«C’est en cela que cette forme d’expression a le plus changé», estiment les deux compères. «En gros, les styles en présence ont peu évolué avec le temps. Mais maintenant, c’est devenu une pratique courante. Il existe même les magasins spécialisés avec leurs bombonnes de spray.» Ajoutez Internet. La mondialisation. La médiatisation. «Tout le monde sait ce que tout le monde fait. Il n’y a presque plus de surprise.»
Reste le plaisir de peindre. «A Chêne-Bougeries, nous essayons de vendre. On se fera un stock avec ce qui restera.» des expositions, il y en a déjà une autre de prévue. «Cela vient de se décider. Ce sera courant mai.»
Où? Quan? Comment?
«Esprit du Karton, 20 ans de graffiti», Espace Nouveau Vallon, 8, route du Vallon, Chêne-Bougeries, les 16, 17 et 18 avril. Ouvert de 14h à 20h.