Mario et sa compagne sont encore abasourdis par ce qu’ils ont vécu dimanche soir. Alors qu’il cherche une place de stationnement à l’avenue de Frontenex, afin d’aller manger au restaurant, le couple finit par se garer en dehors d’une case, sur la route. Au sortir de l’établissement, le duo s’arrête net: le chauffeur d’un bus TPG, descendu de son véhicule, est en train de distribuer des PV aux voitures garées sur la ligne de bus. Dont la leur. Ils en ont pour plus de 200 francs.
Le couple est révolté. «Le chauffeur a collé cinq automobiles, dont la nôtre, qui n’était même pas garée sur la voie de bus!» s’insurge Mario. «J’ai appelé le 117, mais ils ont refusé de se déplacer. J’ai ensuite accosté le chauffeur, qui m’a dit qu’il était dans son droit. Depuis quand les TPG sont-ils assermentés pour amender les voitures?»
Amender? Non. Mais les conducteurs de bus et de tramway peuvent dresser des procès-verbaux de dénonciation aux automobilistes qui leur barrent la route. Ceux-ci doivent ensuite s’acquitter du montant indiqué auprès du Service des contraventions. Isabel Pereira, porte-parole des TPG, confirme: «Les conducteurs sont effectivement habilités à dénoncer. Dans certaines rues, les bus ne peuvent tout simplement plus passer à cause des voitures mal garées. Sans parler des trams, qui peuvent être complètement bloqués.»
Timides résultats
Une pratique qui, à côté des opérations coups-de-poing menées de concert avec la police, a permis d’améliorer la situation dans certains quartiers. A l’image de la rue d’Italie, l’un des nombreux points noirs du réseau. D’autres restent problématiques, en particulier la rue Ancienne, la rue des Bains et celle des Rois.
Impossible en revanche de savoir combien de dénonciations ont été délivrées cette année. Depuis juin, elles ne transitent plus par les TPG mais sont directement acheminées au Service des contraventions, qui les vérifie et encaisse l’argent.
«Ces tâches administratives nous mobilisaient des forces supplémentaires», ajoute Isabel Pereira. Seul chiffre récent connu: 1100 procès-verbaux pour entraves à la circulation des bus et trams ont été dressés en 2007.
Les TPG peuvent rédiger ces PV de dénonciation au même titre que les concierges et les sociétés de surveillance. Ces rapports concernent plusieurs types d’abus, mais tous sont liés à l’entrave de la circulation des bus et trams. Parcage sur les voies de bus, sur une ligne en zigzag ou stationnement à moins d’1,5 m d’un rail de tram font partie de ces infractions.
Mais rares sont les chauffeurs qui s’arrêtent pour dresser une dénonciation. Ce qui explique la surprise des badauds en voyant un conducteur à côté de leur véhicule, le calepin à la main. «La plupart rédigent leur dénonciation une fois rentrés au dépôt», précise Patrick Pulh, porte-parole de la police.
Pour l’instant, aucune nouvelle action de répression n’est prévue entre les TPG et cette dernière.