Amateurs de zen, fuyez toute discussion sur le CEVA! C’est dans un climat survolté que s’est tenu le débat de la Tribune de Genève jeudi soir à Uni Mail. Sept gladiateurs occupaient l’arène, mais le public de quelque 500?personnes a joué un rôle majeur, souvent vociférant, parfois hilare. Les parties sont venues avec leur «claque», comme le note l’opposant Jean-Claude Delaude. Les supporters du CEVA sont en surnombre, mais les référendaires ont les appuis les plus sonores et irascibles. Chez les orateurs, c’est dans ce dernier camp qu’on perd parfois son sang-froid.
Sur le tracé, la mésentente est totale. Le conseiller d’Etat Mark Muller a beau plaider pour l’itinéraire du CEVA, avec cinq gares desservant 120?000 habitants et autant d’emplois dans un rayon de 500?mètres, Mauro Poggia, avocat de recourants, n’y trouve «aucune utilité intra-urbaine». Il roule pour le tracé alternatif du barreau sud vers Bardonnex. Son allié Jean-Claude Delaude blâme l’absence de solution pour l’ouest du canton. Est-ce la gare de Champel qui dérange? Le public applaudit à tout rompre…
«Pas de plan B»
Suit une rixe sur le nombre de places de parking-relais en France, sur l’origine des frontaliers. Les chiffres se recoupent parfois. Pas leur interprétation. Pour la députée Elisabeth Chatelain, le CEVA est «le seul projet prêt à démarrer. Le reste, c’est des traits sur un papier. Du vent.» «Il n’y a pas de plan B, il y a un plan C comme CEVA», renchérit Mark Muller.
Autre empoignade sur les coûts. Les opposants dénoncent un budget initial sous-évalué dans un but politique, et prédisent des surcoûts programmés. Mark Muller plaide la transparence: le gouvernement a mis sur la table les surcoûts, sachant qu’il y aurait référendum. Oui, il y aura de l’inflation: «Normal, pas de quoi fouetter un chat», tranche le ministre. Il ne peut donc s’engager à ce que la facture finale s’en tienne au devis actuel.
Quid en cas de refus? Pensé en fonction du CEVA, tout l’aménagement imaginé ces dernières années s’écroule, redoutent les édiles. Et les millions fédéraux partiront pour Zurich, prévient le président du Grand Conseil, Guy Mettan. Les référendaires, par la voix de François Moser, jugent que le canton obtiendra une autre subvention «intéressante» pour un «projet sensé».
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