Depuis vendredi, 22?heures, les petits wagons de milliards de protons bouclent des tours dans le Grand Collisionneur de hadrons (LHC). Quatorze mois après un démarrage avorté, les faisceaux circulent à nouveau dans les 27?kilomètres de l’accélérateur de particules du Centre européen de la recherche nucléaire (CERN).
«C’est formidable de voir des faisceaux dans le LHC, s’est réjoui Rolf Heuer, directeur général du CERN. Nous avons encore du chemin à parcourir pour pouvoir commencer à faire de la physique, mais ce démarrage est un grand pas.»
L’opération a été plus rapide que prévu; les physiciens ne pensaient obtenir un faisceau que samedi matin. Les scientifiques ont en fait tiré beaucoup d’enseignements de l’incident qui a terrassé la machine, le 19 septembre 2008. «On comprend beaucoup mieux le LHC qu’il y a un an, a déclaré Steve Myers, directeur des accélérateurs. Nous avons mis au point une technologie qui nous permet d’aller de l’avant.»
Les physiciens s’attachent maintenant à augmenter la durée de vie du faisceau qui n’était à ses débuts que de quelques minutes. Le but est d’avoir un faisceau qui tienne durant dix à douze heures.
L’étape suivante, attendue déjà cette semaine, sera celle des collisions qui resteront à basse énergie. Elles permettront aux collaborations des quatre expériences, les détecteurs ALICE, CMS, ATLAS et LHCb placés sur le parcours du LHC, de mener à bien un travail d’étalonnage.
Il s’agira ensuite de faire monter en énergie les faisceaux, en préparation de collisions à 7 TeV. Cette étape se fera au plus tôt l’année prochaine. C’est à cette énergie-là, jamais atteinte par un accélérateur, que la communauté scientifique espère trouver, dans les collisions qu’observeront les détecteurs, des signes du boson de Higgs. Une particule cruciale pour notre compréhension de l’univers.