Céline Amaudruz est depuis lundi soir la femme qui murmure à l’oreille des UDC. La nouvelle présidente de l’Union démocratique du centre, cavalière émérite, aura bien besoin de tout son savoir-faire devant l’obstacle pour permettre à sa formation de surmonter une montagne de querelles intestines. Au lendemain de son élection, la députée et gestionnaire de fortune de 31?ans dévoile ses intentions.
Reprendre cette présidence n’est pas une sinécure. Pourquoi avoir relevé le défi?
Parce que je suis une battante et que je ne voulais pas rester simple spectatrice. Je crois aussi que ce parti a besoin d’une nouvelle figure, de quelqu’un de neuf, sans antécédents.
Que répondez-vous à ceux qui critiquent votre manque d’expérience politique?
Qu’on ne peut pas me le reprocher puisque je n’ai que 31?ans. Plus sérieusement, je crois que ça peut aussi être une force. Il est bon que l’UDC ne se fige pas dans de vieux principes, que des idées fraîches y apparaissent.
De quel mal souffre, selon vous, l’UDC genevoise?
Clairement d’un problème de fortes personnalités qui ne se comprennent plus (ndlr: Yves Nidegger et Soli Pardo). Tous les membres du parti ont fini par ne plus parler que de cette querelle. Le problème, c’est qu’ils ont oublié de faire de la politique en se limitant à cette polémique.
L’assemblée a finalement décidé de ne pas exclure M. Pardo. Comment allez-vous gérer cela?
Nos membres ont pris une décision claire. J’espère que M. Pardo fera maintenant de la politique et qu’il se concentrera sur son rôle de chef du groupe UDC de la Constituante.
Comment M. Nidegger a-t-il pris la chose?
Il recherche l’apaisement. La preuve, c’est qu’il a volontairement laissé sa place au comité à André Reymond. Personnellement, ce sont deux personnes que j’apprécie beaucoup. Lorsque je suis entrée en politique, ils m’ont beaucoup aidée tous les deux.
Comment allez-vous redresser le parti alors que le temps presse, élections municipales obligent?
Il faut que nos membres voient qu’il y a un réel engagement de la présidente et du comité. Nous devons revenir aux thèmes qui nous importent. Il s’agit de la sécurité, ou plutôt de l’insécurité, et de l’aménagement du territoire et des constructions. Je vous rappelle que je viens de déposer un projet de loi au Grand Conseil qui demande qu’il y ait au minimum 1000 gendarmes à Genève et 1500 au maximum. Actuellement, la loi ne fixe qu’un nombre maximum de 960.
Quelles relations entendez-vous entretenir avec le MCG?
Soyons clair! Tant que je serai présidente, il n’y aura pas de fusion avec le MCG. Bien sûr, ponctuellement, nous pouvons défendre ensemble des positions communes. En revanche, l’UDC ne se laissera pas guider par les propos de M. Stauffer.
A ce propos, quelle est votre position sur les travailleurs frontaliers?
Je n’ai rien contre ces personnes. Mais, de la même manière que je vais plutôt faire mes courses dans un commerce genevois que français, je choisirais d’engager, à compétences égales, une personne, suisse ou non, qui réside à Genève.