EXCÈS

Carouge s’apprête à serrer la vis aux fêtards

Par MARC MOULIN le 22.05.2009 à 00:00

Une action de prévention est lancée ce soir rue Vautier.

«Il y a un vrai ras-le-bol, il faut agir!» Magistrat chargé de la sécurité à Carouge, Jean-Pierre Aebi monte au créneau pour calmer le jeu dans le cœur festif de la Cité sarde. Si Carouge a toujours été animée, la situation semble s’envenimer: «Des attroupements se créent tout au long de la rue Vautier, en dehors des terrasses de bistro. Des très jeunes s’y enivrent fortement, avec des boissons qu’ils amènent eux-mêmes. Au tapage s’ajoutent un vandalisme répété, des immondices et même quelques agressions. Les gens développent un sentiment d’insécurité.»
La commune veut endiguer une «courbe exponentielle» qui, selon le magistrat libéral, a démarré il y a deux ou trois ans. De l’îlotier au bistrotier, tous les protagonistes des nuits de la rue Vautier ont été réunis.
Résultat: une opération qui, dès ce soir, se perpétuera sur cinq week-ends. Peu coutumiers des horaires du soir, les agents de sécurité municipaux seront présents sur le terrain. Mais la volonté est aussi de prendre le problème en amont. Des travailleurs sociaux hors murs iront à la rencontre des jeunes, ainsi que des spécialistes de la prévention.

Aller au contact

«L’un des buts est de créer un lien avec eux et de repérer si certains se retrouvent souvent dans des situations délicates, explique le chef des Affaires sociales de la commune, François ­Berthoud. La collectivité doit s’en soucier, surtout quand il s’agit de très jeunes. Le cas échéant, un courrier pourra être envoyé aux parents pour les inciter à demander de l’aide.» Autre partenaire du projet, le projet Nuit blanche? mettra l’accent sur les dangers d’une consommation excessive. «On nous accueille généralement bien car nous informons sans juger, sans être alarmistes ou moralisateurs, dit son coordinateur Baris Unal. On ne réglera pas les problèmes d’ordre public, mais on peut contribuer à les prévenir.»
La prévention vaut le coup d’être tentée, mais elle risque de ne pas suffire, craint Jean-Pierre Aebi: «Je pense qu’il nous faudra plus de présence policière. Certains comportements sont intolérables. Il faut une gradation ferme, mais rester accueillants», estime le libéral qui deviendra dans dix jours maire de Carouge. Le magistrat soutient l’installation de caméras de surveillance (qui laisse la majorité de gauche sceptique au Conseil municipal) et le recours à des vigiles privés pour épauler les agents municipaux.
Et si les cafés sont partenaires dans cette opération, on attend d’eux qu’ils filent droit. Certains serviraient de buvette pour la rue entière. Le magistrat rappelle que l’Exécutif communal peut forcer un établissement à clore sa terrasse à minuit plutôt qu’à 2?heures du matin. Il admet que le tour de vis pourrait éparpiller les troubles: «Un risque à gérer.» Risque que note aussi Baris Unal: «Le lieu se prête bien aux excès mais n’en est pas la cause. Si les jeunes se cachent au fond d’un parking souterrain, ils sont inaccessibles pour la prévention.»

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