Le canton de Genève compte 869 inscrits au cadastre des sites pollués, dont 13 nécessitant une décontamination et 19 une surveillance accrue. Les zones les plus touchées sont celles de la Praille-Acacias-Vernets, la Zimeysa, les citernes de Vernier et les anciennes gravières réparties dans la campagne genevoise.
Le recensement initié en 1998 suite à une ordonnance fédérale vise à garantir l’assainissement des sites pollués.
Genève a été le premier canton suisse à terminer ce recensement en 2004. La dernière phase d’investigations concernant le degré de pollution de ces sites est en passe d’aboutir.
Un terrain est souvent considéré comme contaminé lorsque les eaux souterraines sont touchées. Ces eaux étant naturellement bien protégées à Genève, le canton compte relativement peu de lieux fortement contaminés. «Nous nous situons dans la moyenne fédérale inférieure en matière de sites à assainir» précise Michel Meyer, directeur du Service de géologie, sol et déchets.
La grande majorité des endroits figurant au cadastre présente une suspicion de pollution suffisamment grande pour qu’un bureau spécialisé soit nécessaire en cas de travaux d’excavation.
Mais, pour la plupart, ils ne demandent pas de décontamination immédiate. Une surveillance plus spécifique s’impose pour une vingtaine de sites et treize nécessitent une décontamination immédiate en raison de leur impact trop fort sur l’environnement. C’est le cas du terrain de l’ancienne usine à gaz de la Coulouvrenière, connue sous le nom d’Artamis, qui présente les frais d’assainissement les plus élevés.
Six ans d’enquête
Une vingtaine de personnes ont travaillé à la réalisation de ce cadastre. Six ans de recherches, enquêtes et analyses auront été nécessaires. Michel Meyer explique l’ampleur de la tâche: «Nous avons d’abord dû recenser tous les sites où les terrains avaient été modifiés ainsi que toutes les entreprises qui avaient eu des activités industrielles dans le canton. Nous sommes remontés le plus loin possible, jusqu’au début du XIXe siècle. Enfin, nous avons recherché tous les lieux où il y avait eu des accidents tels que des incendies par exemple. Les archives des pompiers ont été fort utiles à cet effet. Nous avons gardé dans le cadastre tous les sites sur lesquels le potentiel de pollution était le plus fort.» Anciennes stations-service, usines, tanneries, blanchisseries, décharges ont ainsi été recensées.
Une fois le cadastre publié, des investigations ont été diligentées sur les sites les plus à risque. Si le site n’est pas pollué, les frais d’investigation sont payés par l’Etat. Dans le cas contraire, c’est le principe du pollueur payeur qui s’applique. «Pour une grande majorité des cas, les responsables sont retrouvés et acceptent de payer», précise le directeur.
La population peut savoir quels sont les sites concernés, leur degré de contamination et leur historique sur le site Internet de l’Etat à l’adresse suivante:
www.ge.ch/geoportail/gesdec/.
Promoteurs et notaires très intéressés
Les investigations permettant de connaître le degré de pollution des sites inscrits au registre public devraient être terminées d’ici à la fin de l’année avec l’aboutissement de l’analyse des 48 derniers cas. Le cadastre est d’ores et déjà très prisé des promoteurs et des notaires en raison des conséquences d’une pollution sur le prix d’un terrain.
Le registre public aura c oûté la bagatelle de 5,5 millions de francs . Le prix à payer pour corriger les erreurs du passé.?