La Ville de Genève a déposé un recours contre la rénovation de la gare de Cornavin. Motif de l'opposition municipale: les CFF bloquent un projet immobilier planifié derrière la gare en prévision d'une possible extension de Cornavin.
Entre les mains du municipal Rémy Pagani, le projet, qui date d'une dizaine d'années, prévoit la construction de deux immeubles, l'aménagement d'un parc à vélos semi-souterrain. Une résidence hôtelière devrait également voir le jour, a expliqué jeudi à l'ATS Isabelle Charollais, co-directrice du Département des constructions et de l'aménagement (DCA), confirmant un article du «Temps».
Nouveaux besoins
Or les CFF se sont opposés à ce projet. Pour eux, il est impératif de sauvegarder de la place pour une extension possible de la gare d'ici une vingtaine d'années, a déclaré Frédéric Revaz, porte-parole de l'ex-régie.
Les besoins en mobilité explosent: en Suisse ils devraient augmenter de 50 % d'ici 2030. A Genève, RER franco-valdo genevois, CEVA et troisième voie sont autant de projets qui amèneront de nouveaux besoins non seulement en matière d'infrastructures ferroviaires, mais aussi probablement de bâtiments. Mal compris Ce blocage tardif des CFF a été mal compris par la Ville, a relevé Isabelle Charollais. Si les CFF pensent à une extension, elle devrait déjà être prise en compte dans le projet actuel de rénovation de la gare, estime la Municipalité.
Deuxième sujet à controverse, le parking à vélos qui prévoit 600 places en-dessous du projet d'habitation. Si les CFF s'y opposent, la Ville souhaite qu'ils trouvent une solution équivalente. Enfin, un report de la circulation à l'arrière de la gare a été promis depuis longtemps. Le DCA en demande confirmation.
Projet avancé
Pour la population, il est important que ces aménagements du quartier des Grottes, notamment la coopérative d'habitation, soient enfin réalisés, a souligné la co-directrice du Département. Prévoyant 140 chambres studios pour étudiants, le projet d'hôtel soutenu par une entreprise privée est en outre très avancé.
Y renoncer coûterait des dizaines de millions en indemnisations. Les autres partenaires du projet ont d'ailleurs aussi fait recours, a poursuivi Mme Charollais.
Accord espéré
«Nous espérons aboutir à un accord. Ces blocages ne sont intéressants pour personne», note-t-elle. Des discussions sont agendées prochainement.
Les CFF regrettent le recours de la Ville. Début février, ils déposeront leurs arguments au Tribunal administratif. Ils espèrent que la rénovation de la gare ne prendra pas de retard.
Devisés à 90 millions, les travaux doivent démarrer en juin pour une période de trois ans et demi. Ils prévoient notamment le réaménagement du hall central et l'agrandissement des accès de la gare qui voit 115 000 personnes transiter chaque jour.