Ils ont récolté 850 signatures en quatre jours! Hier, ils ont pris leur bâton de pèlerin pour apporter à Charles Beer, patron du Département de l’instruction publique (DIP), leur «précieuse» pétition réclamant le maintien de la mixité dans leur établissement scolaire.
Les élèves du Collège et Ecole de commerce (CEC) Nicolas-Bouvier se disent attachés à la cohabitation des filières commerciale et gymnasiale. Et ils sont visiblement déterminés à défendre cette mixité, menacée par une réforme profonde de l’Ecole de commerce au niveau suisse (nos éditions du 5 mai).
«Elle apporte vraiment un plus au niveau social, des jeunes de tous les univers se côtoient», selon Anaïs, collégienne de 18?ans. Brandissant une pancarte «Bouvier, ça mixte», Loïc, lui aussi collégien de 18?ans, argumente: «On nous a toujours inculqué qu’il fallait accepter la différence, avoir une vision ouverte sur le monde. Cette mixité, c’est un bel exemple de diversité qui nous apprend la tolérance. Détruire ce système, c’est le rejet de la différence.»
Pas question de laisser faire, clament en chœur trois jeunes de l’Ecole de commerce. Dilara (18?ans), Deniz (18?ans) et Stéphane (17?ans) sont eux aussi d’ardents défenseurs de la cohabitation des filières: «On peut passer de l’une à l’autre sans devoir changer d’école.»
Tous ne partagent pas ce bel enthousiasme. «Certains manifestent juste pour gâter les cours. C’est plus des histoires de profs que des envies d’élèves, ose Pedro. Beaucoup se moquent de la mixité.» Un cortège plutôt motivé et fort coloré a cependant parcouru les rues de Genève, dès 11?h?15 mardi, pour rejoindre, vers midi, l’Hôtel de Ville. Et Charles Beer. Le patron du DIP annonce qu’il prendra une décision pour la rentrée 2010 dans le courant de l’automne, après une concertation à laquelle des élèves seront conviés avec une délégation de chaque école de commerce concernée par la nouvelle ordonnance fédérale sur la formation commerciale. «Un discours langue de bois», regrettaient, mardi soir, les élèves dans un communiqué. Ils sont déjà prêts à redescendre dans la rue.