Il veut amener la voix de la rue au sommet du pouvoir. A 48 ans, ce Pâquisard ayant pratiqué onze métiers brigue une place au Conseil d’Etat, après avoir postulé en 2007 pour l’Exécutif de la Ville: avec sa liste du Bouffon de la République, il avait alors remporté 1177 voix, «sur un budget de campagne de 10?francs», note-t-il. Issu d’un «milieu modeste», rescapé «d’une enfance chaotique», il sait qu’il a peu de chances d’être élu. Mais ce divorcé a déjà réussi sa campagne: elle lui a permis de rencontrer une nouvelle compagne il y a quatre mois! Entretien.
Vous vivez depuis presque toujours aux Pâquis. Quel est votre regard sur ce quartier?
Il s’est terriblement dégradé. Il y a un laxisme politique évident. L’ouverture des frontières n’a pas que des bons côtés… Il faut arrêter et punir ceux qui foutent la merde, bien sûr. Il faut plus de juges, recourir au bracelet électronique. Et pour renvoyer les délinquants étrangers, on devrait œuvrer de concert avec nos voisins européens. Quant à l’édification d’une nouvelle prison, je soupçonne que cela sert à certains pour se faire du fric.
Vous pensez que les politiques sont tous pourris?
Deux ou trois sont efficaces. Mais la plupart ne font que du retour sur investissement, au bénéfice de ceux qui ont financé leur campagne. On croit avoir un pouvoir politique, mais il est surtout économique. Et s’ils ont autant d’avocats dans leurs rangs, c’est pour contourner les lois… L’autre catégorie, c’est ceux qui donnent dans l’opposition. On contre une idée juste parce qu’elle vient de l’autre camp au lieu de la juger pour elle-même. Et pendant que les projets sont bloqués, leur prix double… Au profit de qui?
Vous-même, comment financez-vous votre campagne?
Il faut 3000 francs pour s’inscrire. J’ai battu la rue et reçu des dons de copains, de petits commerçants et même d’un clochard. Maximum 100 francs. S’il y a un surplus, je le verserai au CARÉ, qui distribue des repas à ceux qui en ont besoin. Je ne suis redevable d’aucune ristourne. Je voudrais être un trait d’union avec le peuple, l’écouter et l’informer de ce qui se fait. Les politiciens actuels sont à 3000 km du réel. Certains sont des marionnettes…
Pourquoi ne pas faire liste commune avec cet autre candidat atypique qu’est le Prophète?
Je crois qu’il veut davantage semer la crème que moi. Mais c’est un copain. A l’époque, on a lancé ensemble des initiatives. L’une pour rouvrir les maisons closes, l’autre pour que tout détenteur de stupéfiants soit forcé de consommer son stock sur-le-champ. Cela n’aurait pas réussi aux gros poissons…