Rejoindre son domicile dans le Pays de Gex, rentrer chez soi en pleine nuit après le dernier Noctambus: pour désengorger le trafic et faciliter le covoiturage, un projet de bornes à auto-stop, piloté par l’association Usine21, est en ce moment à l’étude à Genève.
Le nom de cette borne informatique: «Carlos». Un mélange de «voiture» en anglais et de «los», «sans» en allemand. Le voyageur désirant rentrer chez lui en stop y entre sa destination. Celle-ci s’affiche alors sur un grand écran, de façon à ce que les automobilistes le voient et s’arrêtent s’ils le souhaitent. Afin de sécuriser la manœuvre, les bornes contiennent une caméra de surveillance. «L’auto-stop est ainsi moins dangereux, explique Simon Schneebeli, ingénieur civil membre d’Usine21. Ce système pourrait mieux marcher que le covoiturage traditionnel, car il n’y a pas besoin de s’organiser à l’avance ou d’avoir les mêmes horaires que son chauffeur. Un pareil concept, couplé à l’utilisation de l’iPhone, existe également aux Etats-Unis.»
Exemple bernois
Le projet piloté par cet ingénieur s’inspire d’une expérience menée à Berthoud, une ville du canton de Berne. Là-bas, en revanche, l’idée n’a pas bien fonctionné, la commune étant petite, peu engorgée par le trafic et peu fréquentée par les voitures durant la nuit.
«A Genève en revanche, une région transfrontalière dotée d’un trafic important, et vu l’offre limitée des transports publics en France, il y a une demande, poursuit Simon Schneebeli. L’idée serait par exemple d’implanter une borne au terminus du tram au CERN.» L’inconvénient de ce moyen de transport, plutôt destiné à des personnes peu fortunées n’ayant pas les moyens de se payer un taxi, par exemple: l’utilisateur ne peut pas prévoir combien de temps il devra attendre.
Comment financer ces bornes, qui devront être produites sur mesure? Les étudiants qui travailleront sur le projet devront notamment réfléchir à l’idée d’un ticket que prendrait l’auto-stoppeur. Un moyen de limiter les abus. «A Berthoud, celui-ci payait 2?francs, précise l’ingénieur. Un franc restait dans la machine, et l’autre sortait sous forme d’un bon d’achat, à disposition du conducteur. Mais ce concept doit être retravaillé car il implique la mise en place d’une administration compliquée.» Notre interlocuteur avance aussi l’idée d’une?collaboration avec les transports publics et les autorités publiques.
Pour l’heure, l’association Usine21 – qui propose aux étudiants d’effectuer leurs travaux de semestre dans des projets concrets – cherche des étudiants en marketing, sociologie et géographie afin de réaliser une solide étude de marché. «C’est grâce à ces jeunes que l’association peut faire avancer des idées novatrices tel que ce concept de covoiturage», conclut Simon Scheebeli.