PIONNIERS

Au bord du Rhône, Genève possède sa raffinerie de carburant bio

Par MARC MOULIN le 09.03.2009 à 00:00

Durant le Salon, la «Tribune» part à la rencontre des Genevois qui vivent de l’automobile.

On ne risque guère d’y parvenir par hasard: c’est à mi-chemin entre Avully et La Plaine, au fond d’une impasse jouxtant le Rhône, que Biocarb déploie ses activités avant-gardistes et écologiques. Pour distiller du biodiesel, peut-on rêver mieux qu’un site industriel entouré de jardins familiaux? Il aura pourtant fallu six mois d’intenses recherches à François Fleury et son associé Iwan Abbatiello pour dénicher la perle rare. Le premier est politologue, le second chimiste: amis de longue date, ils créent leur société en 2003. «Tous les matins, je passais près de champs de colza, raconte François Fleury. Je savais qu’un moteur diesel pouvait tourner à l’huile végétale. Et on parlait toujours plus de la problématique du gaz carbonique.» Le carburant biologique émet certes aussi du CO2 lors de sa combustion. Mais le dioxyde entre dans le cycle naturel de la photosynthèse. On ne libère pas de CO2 «souterrain», issu des hydrocarbures fossiles.

«Jouer les pionniers, c’est la croix et la bannière, tant il y a de monde à convaincre!» Et cela, même si Biocarb n’était pas la première société suisse à s’aventurer dans le domaine. Une coopérative vaudoise s’était déjà lancée dès les années 90 dans la valorisation du colza à des fins énergétiques.

Pour sa part, la société genevoise a aussi produit du carburant à partir de cultures végétales. Mais elle se concentre actuellement sur le seul recyclage. «On échappe dès lors à la polémique – qu’on avait pressentie – sur la concurrence entre biocarburant et cultures vivrières, note François Fleury. Un débat complexe, souvent faussé, mais qui ne nous concerne plus.»

Concrètement, la matière première qui rentre dans les locaux de Biocarb est de l’huile qui a déjà connu une première utilisation dans l’industrie, dans les ménages et dans la restauration. Avant de devenir du carburant, cette substance récupérée doit être traitée, chauffée, fluidifiée, travaillée, décantée et contrôlée. C’est le travail que réalise Biocarb dans une vaste halle qui abrite trois réacteurs (des «soupières» pour les intimes), entourées d’un labyrinthe de tuyaux.

Au final, on obtient un ester, c’est-à-dire du biodiesel. Mais aussi de la glycérine. Rien ne se perd! Elle servira aux stations d’épuration, où elle dopera l’activité des bactéries qui purifient l’eau. On l’utilise aussi pour faire du biogaz. Mais le biodiesel constitue le 90% de l’activité de la société qui en produit 60?000 litres par jour. Ses clients sont surtout des entreprises de transport. Mais le particulier n’est pas négligé: le site dispose d’une pompe. Pour 1 franc 25 le litre, 300 automobilistes, membres d’une coopérative, y étanchent la soif de leurs voitures diesels. Biocarb dispose aussi d’un laboratoire où elle teste l’élaboration de bio-essence, à partir de déchets ou de glycérine: «Cela pourrait déboucher cette année déjà», se réjouit François Fleury. La société collabore avec l’Ecole d’ingénieurs qui expose au Salon de l’auto son prototype de Biomobile à essence.

Financièrement, la société – qui emploie six personnes – peine encore à trouver l’équilibre: «On est pris en étau entre le prix du diesel et celui des matières premières. Pour 2009, nous sommes incertains, comme tout le monde. Mais la demande est toujours au rendez-vous!»?

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