Assurément, ils s’entendent à merveille. Alors, quand Manuel Tornare présente l’actuel maire de Cotonou, lui-même ancien président du Bénin, il ne manque pas d’adresser un parallèle encourageant à son ami Bertrand Delanoë: «Comme quoi, on peut être président et devenir maire… On peut donc être maire et devenir président.»
C’est dans cette bonne humeur que le magistrat genevois a réuni une vingtaine de maires – venus entre autres de Tunis, de Luxembourg, de Ouagadougou et de Phnom Penh – à l’occasion de la réunion du Bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). Président de l’AIMF, Bertrand Delanoë a salué l’entrée de Manuel Tornare au sein du Bureau de ce groupement fondé il y a 30?ans notamment par Jacques Chirac, alors à la tête de la capitale française. Comme l’a indiqué le maire de Paris, les membres du Bureau ont accepté l’allocation de 750?000?euros à six projets d’assainissement des eaux dans des villes de l’hémisphère Sud, comme Nouakchott en Mauritanie. «L’accès à l’eau est notre priorité absolue pour ces prochaines années», a insisté le maire PS. Des fonds pour la modernisation des services d’état civil ou pour la promotion de la femme ont également été réservés.
Avant d’aller déjeuner à l’Hôtel du Rhône en présence de personnalités du monde artistique genevois, Manuel Tornare et Bertrand Delanoë ont successivement rappelé l’importance de la francophonie dans le concert des nations, «mais une francophonie pas donneuse de leçons», selon les termes du charismatique magistrat de Paris.
Dans ce contexte, les deux hommes ont indiqué à la Tribune leur volonté de continuer leur effort de paix dans des municipalités du Moyen-Orient. Alors que Manuel Tornare s’est entretenu à ce sujet avec l’adjoint au maire de Beyrouth, Bertrand Delanoë se rendra dans les territoires palestiniens cet automne. Le maire de Genève, sensible à une coopération des villes dans la résolution du conflit israélo-palestinien, entend se déplacer, lui aussi, rapidement à Jérusalem. «Le nouveau maire, un laïc, est un homme avec qui l’on peut discuter». Mais dans tous ces cas, ainsi que l’explique Bertrand Delanoë, «nous restons discrets afin de ne pas froisser d’autres parties.»