Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rendu lundi un vibrant hommage à Mikhaïl Gorbatchev, «un géant» dans les efforts vers un monde libre d'armes nucléaires. A ses côtés, l'ex-président de l'URSS a participé à un débat public sur le désarmement nucléaire.
«Mikhaïl Gorbatchev figure parmi les plus grands dirigeants. Prix Nobel de la Paix, c'est un visionnaire engagé pour des changements profonds et durables. Il a introduit les termes de perestroïka et de glasnot dans le vocabulaire et il y a plus de 20 ans, à Reykjavik, il réaffirmait la vision d'un monde sans armes nucléaires», a déclaré le secrétaire général de l'ONU devant une salle comble au Palais des Nations.
«Après des années où cela n'a pas bougé, le thème est revenu là où il doit être, en tête des priorités» et «le train du désarmement nucléaire a été remis sur la voie expresse», s'est félicité le patron de l'ONU en ouvrant la troisième édition des Rendez-vous mondiaux de Genève.
Nouvel accord START
Interrogé par un journaliste, Ban Ki-moon s'est déclaré «optimiste» quant aux possibilités de progresser en raison du nouvel engagement de l'administration américaine.
«J'espère sincèrement qu'un accord sur la réduction des armements stratégiques (START) puisse être conclu d'ici la fin de l'année», a affirmé le secrétaire général de l'ONU. Un sixième round de négociations entre Russes et Américains s'est achevé vendredi à Genève et un septième round doit commencer le 19 octobre dans la cité de Calvin.
Mikhaïl Gorbatchev a plaidé en faveur d'une élimination complète des armes nucléaires. «Il ne sera pas facile d'y arriver», a reconnu l'ex-président de l'URSS. «Ensemble, nous pouvons atteindre la masse critique indispensable à ce qu'il y ait une volonté politique pour que le mouvement vers un monde libre d'armes nucléaires soit irréversible», a déclaré le Prix Nobel de la Paix.
Atmosphère plus favorable
«Il existe aujourd'hui une chance de sortir du cercle vicieux» de la course aux armements, a estimé l'ex-président soviétique. Il a salué la décision du président Obama de renoncer à un bouclier antimissiles. «L'atmosphère est plus favorable», a dit M. Gorbatchev.
La prolifération des armes nucléaires reste un danger, a-t-il souligné, et il ne s'agit pas seulement de l'Iran et de la Corée du Nord. Il a estimé que si cinq ou dix pays peuvent possèder l'arme nucléaire, ce peut être aussi le cas de 20 ou 30 pays. «Pas moins de 40 Etats actuellement pourraient se doter de l'arme nucléaire», a indiqué le Prix Nobel.