Chassés par la caisse de pension de l'Etat, les 50 artistes de l'ancienne SIP, à Genève, ne veulent pas quitter leurs ateliers. L'association demande aussi la possibilité d'aménager et gérer ces espaces selon ses besoins et ses possibilités. Or la Caisse de prévoyance du personnel enseignant de l'instruction publique et des fonctionnaires de l'administration du canton de Genève (CIA), propriétaire des murs depuis 2000, a rompu les négociations et résilié les baux à fin février, a dénoncé le GUS mercredi.
Pour les membres du GUS, un accord est encore envisageable. D'autant que la CIA a toujours laissé entrevoir la possibilité pour l'association fondée en 2002 de rester dans ces bâtiments, à condition, toutefois, de pouvoir assumer le coût de futures rénovations, a rappelé le vice-président du GUS, le sculpteur Laurent de Pury. Elle a même proposé au GUS d'élaborer un projet.
Vues divergentes
Mais au final, leurs vues divergent. La caisse de prévoyance de l'Etat envisage une rénovation à 10 millions de francs aboutissant à des loyers de 177 francs le mètre carré par an pour des surfaces brutes, alors que le GUS pense que 6 millions suffisent pour rénover le bâtiment et doubler le nombre d'usagers pour des loyers de 100 francs le mètre carré par an pour des surfaces aménagées.
Le GUS a aussi proposé de rechercher des fonds pour payer le montant des loyers envisagés par la CIA, ce que celle-ci a accepté avant de faire volte-face. S'opposant à la résiliation des baux, le GUS déplore le fait qu'elle ne tienne pas compte de l'identité des locataires actuels, qui n'ont pas la force économique de trouver des ateliers au centre-ville.
Disparitions successives
Après le départ de la Société genevoise d'instruments de physique (SIP) au début des années 1990, les bâtiments ont été mis à disposition d'artistes pour éviter leur dégradation ou qu'ils soient squattés. Les nouveaux occupants ont bénéficiés de baux de confiance et remis les lieux en service. Depuis que la CIA est propriétaire, ils ont perdu 1500 m2 d'espaces dédiés à la création.
Les espaces culturels non-institutionnels disparaissent peu à peu à Genève. Alors que les squats Rhino et de la Tour ont été fermés, et qu'une partie des occupants d'Artamis ont été relogés avant la destruction du site, d'autres lieux sont menacés. L'Usine est en sursis, tout comme le théâtre de la Parfumerie, menacé par l'agrandissement de l'hôtel de police.