Rien ne va plus à Meyrin. Depuis l’arrivée du tram, inauguré le 12 décembre dernier, les usagers des transports publics râlent contre l’offre de bus, jugée insuffisante. Fréquences trop espacées, arrêts supprimés, parcours inadaptés, les doléances (lire encadré) se multiplient. Le Conseil administratif est montré du doigt. Le maire, lui, dit avoir été mis devant le fait accompli par les TPG. Qui répliquent, en attendant une séance d’information publique, lundi à Meyrin.
«Nous avons en effet reçu énormément de réclamations, que nous avons transmises aux TPG, en leur demandant de venir s’expliquer devant la population», indique Roland Sansonnens. Le maire de Meyrin admet que l’offre en bus n’est pas satisfaisante. «Notre projet, accepté par le canton, prévoyait de meilleures liaisons et fréquences. Dont une cadence de sept?minutes et demie pour le bus 57.»
Or, en décembre, au changement d’horaire, la commune a découvert que son projet n’était pas totalement respecté. «Lors de l’inauguration du tram, j’ai réclamé des entretiens avec les TPG. Des propositions ont été faites depuis. Et, il faut le souligner, les TPG ont déjà entrepris des modifications.»
Les TPG pensaient pourtant avoir fait au mieux. «Dans la première moitié de 2009, de nombreuses discussions ont eu lieu avec la Direction générale de la mobilité et les communes de Meyrin, Satigny et Vernier, touchées par les restructurations, note Pascal Ganty, directeur du développement et de l’ingénierie aux TPG. La variante des communes était un peu opposée à la nôtre. Le conseiller d’Etat Robert Cramer a tranché en leur faveur. Mais à la condition que les coûts soient équivalents à notre variante. Pour y parvenir, nous ne pouvions respecter tous les désirs des communes.» Sur la ligne 56, la fréquence est de 15?minutes, au lieu des 7 et demie demandées. Un problème de coût? Pas seulement, relève Pascal Ganty: «L’offre doit être en adéquation avec la demande. Dans ce cas-là, vu le nombre d’usagers, doubler la fréquence signifiait une suroffre.»
Reste que les TPG peuvent faire mieux. «Trois mois après l’arrivée du tram, nous sommes en phase d’analyses. Des améliorations sont envisageables. Nous avons déjà procédé à des modifications.» Exemples? «Un arrêt a été rétabli à la Prulay, des véhicules à plancher abaissé sont introduits à certaines heures sur les lignes 56 et 57. Enfin, le parcours du 56 sera probablement adapté d’ici à l’été, afin de mieux desservir Meyrin-Cité.»
Pour le reste, Pascal Ganty rappelle qu’il est difficile de modifier parcours et fréquences sans attendre les nouveaux horaires, prévus à la fin de 2010. Roland Sansonnens, lui, constate que de gros travaux sont encore en cours. «Je demande donc un peu de patience aux habitants. A la mi-2011, avec la réouverture de la route de Meyrin, des lignes de bus seront modifiées et on retrouvera un meilleur équilibre entre le village et la cité.»
N’empêche, lundi, à l’aula du Cycle d’orientation de la Golette (18?h?30), la séance publique promet d’être musclée. Car, comme le dit le maire, «les gens ne sont jamais contents quand on change leurs habitudes».
Les points à améliorer
Les autorités meyrinoises, relayant les doléances des usagers, ont répertorié plus de problèmes, qui seront abordés lundi soir en séance d’information publique.
La fréquence de la ligne 57 (aéroport - gare de Meyrin-Vernier) doit être améliorée et son exploitation étendue en soirée et le dimanche.
La ligne 56 (Meyrin-Village - CERN) doit relier le village à la cité. L’arrêt supprimé sur l’avenue de Vaudagne doit être rétabli.
Réhabilitation de l’arrêt supprimé sur l’avenue Louis-Casaï.
Les bus utilisés doivent avoir un plancher abaissé pour faciliter l’embarquement des poussettes et des personnes à mobilité réduite.
Une information détaillée doit parvenir à temps aux usagers des transports publics, en particulier lors des changements d’étapes en fin d’année.