Certaines familles genevoises ont découvert une nouvelle occupation pour les jours de pluie: aller visiter le plus grand aquarium de Suisse romande, installé depuis trois mois dans une clinique genevoise. C’est en effet dans le nouveau Centre d’urgence pédiatrique des Grangettes que se situe cet énorme bassin de plus de dix mètres de haut.
Ecosystème du lac Tanganyika
Depuis l’inauguration du centre, le 3 octobre, c’est entre cinq et sept personnes qui se rendent hebdomadairement sur place en sus des malades. Non pas pour consulter un médecin mais pour admirer les quelque 800 poissons présents sur les lieux. L’école privée de l’ARC a également pris contact avec la clinique pour y organiser une excursion.
Ainsi, une trentaine d’élèves issus de deux classes ont pu admirer l’impressionnante structure répartie sur trois étages et comprenant 15?000 litres d’eau douce. «Les élèves étaient enchantés. Nous les avons accueillis le matin à 9h, avant l’ouverture des Urgences, afin d’éviter qu’ils ne se mêlent aux patients atteints de la grippe A», précise Gilles Rüfenacht, directeur de la Clinique des Grangettes.
Le lieu a effectivement de quoi ravir petits et grands tant l’intérêt didactique de la visite est évident. L’écosystème représenté dans l’aquarium est celui du lac Tanganyika qui s’étend du Burundi à la Zambie et est particulièrement connu pour ses poissons. Agrémentée d’explications sur la faune et d’un film sur le lac africain, la visite aux Urgences prend des airs de dépaysement.
La princesse du Burundi, le poisson gros nez ou encore l’écaille d’argent sont autant de spécimens que le visiteur découvre au fil de sa visite. Ces poissons, issus du plus long lac du monde (660?km) sont les plus colorées des espèces présentes en eau douce, et la diversité de leurs formes est exceptionnelle. «A notre connaissance, il s’agit du plus grand aquarium européen représentant l’écosystème du lac Tanganyika», précise Frédéric Pitaval, directeur de la société AquaEcopôle qui a dessiné l’aquarium.
Poissons antistress
Plus de cinquante espèces sont présentes et semblent s’acclimater parfaitement. Frédéric Pitaval se dit très satisfait: «Huit?espèces se sont déjà reproduites. Nous ne pensions pas que ce serait si rapide.» Pas mal pour une clinique habituellement réputée pour sa maternité.
Ainsi, en trois mois, 800 alevins ont vu le jour aux Grangettes et une trentaine a survécu. Deux espèces supplémentaires vont être introduites durant le premier trimestre de 2010.
Philippe Glatz, président de la clinique, explique l’intérêt de ce projet réalisé grâce à la Fondation Wilsdorf: «Nous voulions créer un lieu rassurant. L’eau a un côté calmant qui rend les enfants moins stressés. Ils n’ont pas l’impression d’être à l’hôpital et cela permet une meilleure qualité des soins.»
Si la priorité de ce nouveau centre d’urgence est bien de soigner les enfants, les visites ne sont pas pour déplaire à la présidence de l’établissement: «Nous avons souhaité que cet espace de soins soit un lieu ouvert. S’il y a des demandes, nous sommes prêts à organiser des visites», confirme Philippe Glatz.