Hier après-midi à Paris, il a beaucoup été question de Genève… Venue en force pour présenter son dossier devant le conseil d’administration du Comité national olympique et sportif français (Cnosf), la délégation Annecy – Haute-Savoie 2018 a rappelé le soutien de sa puissante voisine helvétique à sa candidature.
Le coordinateur de projet, Gilles Ziglioli, cravate bleue et rouge et pin’s de rigueur, entame le bal: «Grâce à notre situation frontalière, nous disposons d’un maillage intense en matière de transports. Deux aéroports internationaux viennent compléter cette offre. Le principal sera l’aéroport de Genève, au savoir-faire reconnu, situé à moins de vingt-cinq minutes d’Annecy grâce à la nouvelle autoroute.»
Pas d’annexion
Qualifiant Cointrin, par un heureux lapsus, d’«aéroport olympique», Christian Monteil, président du Conseil général de Haute-Savoie, insiste à son tour: «Nous comptons près de 60?000 frontaliers. Ce n’est pas un hasard si la ville et le canton de Genève s’investissent à nos
côtés.»
Seulement voilà: le conseil d’administration, vigilant, sait que le règlement interdit les dossiers binationaux. La question fuse: «Sauf annexion, comment intégrez-vous la Suisse dans votre candidature?»
Réponse de Christian Monteil: «Ce n’est que lorsqu’elle a renoncé à se présenter que Genève nous a rejoints. Je vous rassure, l’annexion n’est pas au programme. Mais la Confédération, en signant les accords sur la libre circulation, a permis d’augmenter les échanges et c’est tout naturellement que cette coopération s’appliquera aux Jeux.»
La candidature haut-savoyarde a d’autres atouts, tel le soutien des sportifs. Ainsi, Edgar Grospiron, champion olympique de ski de bosses, mène la présentation avec décontraction et Antoine Dénériaz, champion olympique de descente, détaille les sites. «Tous les acteurs, y compris moi, sont passés par le haut niveau», clame Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy et triple champion du monde de canoë-kayak. Et Christian Monteil de souligner la mobilisation de la population. «Un récent sondage a montré que 82% des Haut-Savoyards sont derrière nous et 100% chez les moins de 25 ans.»
Jouant comme les trois autres candidats – Grenoble, Pelvoux et Nice – la carte du développement durable, Annecy argumente aussi sur le faible coût de ses Jeux: «80% des infrastructures sont prêtes. Ne manquent que deux patinoires et un anneau de vitesse. Le montant de ces investissements s’élèverait à 242 millions d’euros.»
Après quarante-cinq minutes de grand oral, l’heure est au soulagement. «Les messages sont bien passés, commente Christian Monteil. Nous avons affiché notre enthousiasme et notre connivence.» Clin d’œil: Annecy 2018 s’affiche en grand format à Paris, gare de Lyon.