Les substances qui polluent le sous-sol de l’ancien site alternatif Artamis, aujourd’hui démoli, ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir. La première étape de la décontamination, à savoir l’extraction des hydrocarbures et autres matériaux souillant la nappe phréatique à la hauteur de la rue des Gazomètres et du quai du Rhône, devrait démarrer ces prochains jours.
Pour cette première étape de la dépollution, un système de pompage ultrasophistiqué a été mis en place sur le site des Services Industriels (SIG) aux abords de la rue des Gazomètres. Les ouvriers du chantier commençaient hier à tester le dispositif. Plus de deux mois ont été nécessaires pour l’installer.
Le rôle de ce système est de décontaminer la nappe phréatique, polluée par l’ancienne usine à gaz établie sur le site au XIXe siècle. «A cause de cette pollution, dix litres de mercure, entre autres substances, se déversent chaque année dans le Rhône», explique Rodolfo Zumbino, ingénieur au Service du génie civil de la Ville. Durant le processus, les matériaux polluants sont séparés de l’eau – celle puisée dans la nappe mais également la pluie et les liquides souillés du chantier – grâce à des injections d’air. Ces substances polluantes sont avant tout des hydrocarbures, d’où l’odeur de pétrole qui s’est dégagée près de l’installation durant la période de son lancement. Après avoir été séparée des polluants, l’eau passe au travers de filtres à charbon et d’un filtre à sable. L’air qui en ressort est également purifié puis rejeté dans la nature.
Trois ans d’analyses
Vingt mètres cubes d’eau seront ainsi analysés chaque heure. Des contrôles réguliers, tous les deux à trois jours dans un premier temps, seront menés afin de s’assurer du bon fonctionnement de ces filtres.
Evacués par des trappes, les polluants seront traités ou incinérés.
Ce système de pompage fonctionnera durant trois ans au moins. «Ensuite, cela dépendra du niveau de pollution», poursuit Rodolfo Zumbino. Dans un mois environ commencera la partie la plus impressionnante du chantier, à savoir l’excavation et la décontamination du terrain situé à l’intérieur de l’ancien site Artamis et sur le quai du Rhône. Ce dernier sera fermé durant huit mois.
Pourquoi creuser et ne pas décontaminer tout le site par pompage? Tout d’abord, car les polluants les plus lourds, à l’exemple du cyanure (plus de 1?m?50 d’épaisseur à certains endroits), ne peuvent pas être extraits grâce à cette technique, par ailleurs très coûteuse. Mais également parce que les bâtiments appartenant à l’Etat, conservés, empêchent toute excavation.