Dos, bras, jambes, visage. Chris Sikias a des bleus sur tout le corps. Depuis ce week-end, il dort peu et a mal partout. Roué de coups samedi soir par une bande de jeunes au pied de son immeuble de la Gradelle, il s’est rendu, sur conseil de la police, à la Clinique des Grangettes pour y être soigné et pour obtenir un constat des blessures subies: «Les lésions sont compatibles avec les allégations du patient», conclut le rapport médical. Hier, ce père de famille, informaticien de formation, a déposé une plainte auprès du Ministère public.
«Je me suis mis en boule»
Voici les faits décrits dans la dénonciation pénale. Depuis cet été, cet habitant de Chêne-Bougeries déplore les nuisances sonores et les déprédations provoquées par des adolescents. «La plupart vivent dans le quartier. Ils font du bruit jusque tard dans la nuit, mes enfants peinent à s’endormir et le lendemain la place de jeux est mal en point: elle est parsemée de déchets, certains étant coupants, et elle est parfois même endommagée.»
Samedi soir vers 17h, une bande d’ados fait, dit-il, «son remue-ménage habituel». Il affirme que des résidents, des adultes, se rendent dans le jardin pour leur demander de «baisser le volume». D’après Chris Sikias, les jeunes, pour certains menaçants, les remballent. Las, le plaignant les invite à se calmer depuis son balcon. Visiblement, le ton monte rapidement. «L’un d’eux m’a dit que je n’avais qu’à descendre.» Aurait-il fallu appeler directement la police? Sur le moment, le locataire décide plutôt d’aller «s’expliquer» sur place. Il affirme que les adolescents se montrent très menaçants en l’encerclant puis en le bousculant. «Je leur ai dit d’arrêter, sous peine de les gifler.» Quelques filles et garçons s’isolent rapidement du groupe pour en appeler un autre à la rescousse avec leur téléphone portable, précise la plainte pénale. Quelques minutes plus tard, une poignée de jeunes hommes déboulent. L’un d’eux, cheveux courts, vêtu d’un marcel noir, aurait alors interpellé le père de famille. «J’ai à peine le temps de lui répondre que je reçois un coup de poing au visage.»
Enquête en cours
Comme il le précise dans sa dénonciation, il s’écroule et se fait alors rouer de coups par les jeunes. «Je me suis mis d’abord en boule pour me protéger.» En vain. «Puis, j’ai essayé de me défendre en les balayant avec ma jambe.» Quelques jeunes tombent. «Et là ils se sont tous enfuis. Ils étaient une vingtaine.» La police, alertée par les voisins, intervient. «Mais trop tardivement pour interpeller ces individus», déplore le plaignant. Le lendemain, il aperçoit ceux qu’il pense être ses agresseurs présumés et alerte à nouveau la police. «Lors de sa venue, un des agents m’a dit que des jeunes comptaient aussi porter plainte contre moi, relève stupéfait Chris Sikias. Mais des voisins qui ont assisté à la scène confirmeront certainement ma version.» Une enquête de police a été ouverte. Elle n’en est qu’à ses débuts puisque selon nos informations, seuls deux jeunes ont été brièvement entendus sur les lieux. Sans pour autant être interpellés. Les enquêteurs sont à la recherche des suspects correspondant au signalement du plaignant.