Pierre Maudet, à la tête de la sécurité de la Ville, la juge «inacceptable» et estime qu'elle s'apparente à un «abandon du terrain» et à une capitulation de l'Etat.
«Il est intolérable de devoir commencer à monnayer sa sécurité», déclare le conseiller administratif dans un entretien publié lundi dans «Le Matin». Selon lui, «il est inconcevable» de transférer au privé une mission essentielle de l'Etat. Vendredi, le Département cantonal des institutions a donné son accord à l'engagement d'agents privés par des commerçants des Pâquis.
Reconquérir le terrain
Leur rôle est d'occuper le terrain et d'avoir un effet dissuasif dans certaines rues du quartier prisées par les trafiquants de drogue. Mais Pierre Maudet pense que «les délinquants ne manqueront pas de savoir que les agents privés bénéficient de pouvoirs très limités.» Autre problème: la gendarmerie se trouve désormais reléguée en seconde ligne.
De son côté, la Ville disposera dès janvier d'agents de police municipaux, qui remplaceront les actuels agents de sécurité municipaux. Ils seront plus nombreux et disposeront de compétences élargies. Selon Pierre Maudet, la Ville entend ainsi aider la police à reconquérir le terrain.
Test positif
Deux agents de sécurité privés ont patrouillé dans le périmètres des rues de Fribourg, Neuchâtel, Monthoux et des Alpes dans les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche entre 17h00 et 02h00, a indiqué lundi à Jean-Marc Picaut, directeur de la communication de la société MIB Sécurité. «Il s'agit d'un test, qui s'est révélé positif», a-t-il précisé.
A Yverdon-les-Bains (VD), des agents de sécurité privés assurent depuis fin 2007 une présence dissuassive durant le week-end à la fermeture des bars, en complément aux actions de la police. La commune participe à raison d'un tiers au financement de cette mesure destinée à contrer les incivilités et nuisances en ville.