Une banque braquée en plein jour et au cœur de Genève, voilà le spectacle qui s’est déroulé hier matin à Cornavin. Théâtre du drame, l’agence UBS située en face de la gare, à la rue du Mont-Blanc. Peu avant 10h30, un homme vêtu d’un «costume-cravate» agresse un employé de l’établissement qui transporte une forte somme d’argent. Le convoyeur résiste. Une bagarre éclate. Le voleur lui assène un coup de crosse au visage et s’échappe avec le butin. Un scooter l’attend à la rue Pradier. En vain. L’agresseur rattrapé par le convoyeur, le combat se poursuit en pleine rue. Stigmate de la violente agression, du sang macule le sol aux abords de l’entrée du personnel.
Butin retrouvé
Le propriétaire du kiosque situé au pied de la banque, Fabrice Monnard, ne saisit pas tout de suite la gravité de la scène entraperçue depuis la fenêtre de son commerce: «J’ai vu deux hommes au sol qui se battaient. Comme il y a pas mal de grabuge dans le quartier, cela ne m’a pas particulièrement alerté.»
Rapidement, un troisième homme, un vigile de la banque, prend part à la bagarre. Un corps est cloué au sol. «Ils ont maintenu le braqueur jusqu’à l’arrivée de la police», raconte le commerçant. Les forces de l’ordre menottent l’individu et l’embarquent. Direction: les locaux de la police judiciaire.
Aux abords de la banque, un périmètre de sécurité est dressé. Gyrophares et uniformes attirent une foule d’anonymes qui forment un cordon humain autour des acteurs, avant d’être éloignés par la police. Un détail frappe néanmoins l’un des témoins: un sac noir. Le butin.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le malfrat interpellé serait un «Européen aux cheveux blonds». Avec son allure d’homme d’affaires, il s’est fondu dans la foule du quartier. A proximité, un scooter immatriculé dans le canton était censé lui offrir la clé des champs.
Plusieurs zones d’ombre
L’auteur présumé arrêté, plusieurs interrogations subsistent sur le déroulement de l’attaque: comment l’individu s’est-il introduit dans la banque? Selon plusieurs sources, la tentative de hold-up s’est déroulée hors zone clients. Reste la porte de service, mais son système de sécurité complexe en réduit l’accès aux stricts usagers. Autre zone d’ombre, l’usage de l’arme par le braqueur. Enfin, l’auteur de ce brigandage raté s’est-il lancé seul dans une opération kamikaze? La police se refuse pour l’heure à donner plus de détails, y compris sur le butin.
Seule certitude, l’employé de la banque a été blessé dans l’affrontement. Acheminé en ambulance aux HUG, «il a pu quitter l’hôpital le jour même», déclare Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole d’UBS. Parmi le personnel de la banque, rien ne filtre sur l’attaque. A l’heure du déjeuner, les visages sont tendus et le verbe rare. L’établissement a mis en place une cellule d’accompagnement pour ses employés, avant de rouvrir vers 14h.
L’enquête, confiée à la Brigade criminelle, est diligentée par le Ministère public. Il s’agit du quatrième hold-up avec arme à feu perpétré à Genève cette année.