L’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit, il y a deux semaines, a fait bouger l’opinion publique comme les autorités aéroportuaires. Etats-Unis, Angleterre, Pays-Bas: de par le monde, de plus en plus d’aéroport s’équipent de scanners corporels. Comme l’a révélé hier Le Matin, l’idée fait aussi son chemin à Genève.
«Moins invasif»
«Nous n’avons rien contre ces machines, au contraire, explique Bertrand Stämpfli, porte-parole de l’AIG. Nous n’avons pas précipité les décisions sur ce sujet car l’opinion publique y était hostile, ce qui est en train de changer. Ces appareils permettent d’éviter la palpation corporelle, que nous estimons plus invasive et plus agressive que le simple passage au travers d’un scanner, d’ailleurs inoffensif. Celui-ci détecte des choses que l’on ne voit pas avec une fouille.» Quant à la peur d’être vu dénudé? «Les aéroports ont trouvé la parade en plaçant la personne qui fait entrer le passager dans le scanner loin de celui qui visionne les images.»
Aucun de ces appareils n’a encore été testé à Genève. A Zurich, où l’on pense installer cinquante machines, plusieurs collaborateurs de l’aéroport ont pu faire un essai. «Ils auraient préféré le scanner à la palpation à une écrasante majorité», croit savoir Bertrand Stämpfli.
L’AIG devrait installer ses scanners dans la continuité des portiques de sécurité que tout le monde connaît. Quatre spécimens pourraient suffire et remplaceraient la fouille corporelle, aujourd’hui aléatoire. Un passager serait ponctuellement pris au hasard pour passer au travers du dispositif. Les premiers à transiter par l’un de ces scanners pourraient être les équipes et les collaborateurs de l’AIG, sur une base volontaire.
L’achat des appareils ne devrait pas poser problème: leur coût pourrait être amorti par l’augmentation de la «redevance passagers», une taxe de 21?francs que paie tout voyageur à l’achat de son billet d’avion. Actuellement, 9?fr.?50 pris sur ce montant financent les mesures de sûreté.
Pour l’instant, aucun appareil n’a été acquis: l’AIG attend notamment les directives de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) qui, lui, compte sur une décision prise au niveau européen. Des concertations à ce sujet entre les deux aéroports de Genève et Zurich pourraient néanmoins être engagées. «Soit l’OFAC nous imposera ces scanners, soit nous en prendrons nous-mêmes l’initiative, si ces machines apportent réellement une amélioration de la sûreté et du confort des passagers, poursuit Bertrand Stämpfli. Nous n’avons pas de calendrier, mais les choses pourraient se faire prochainement. L’idéal serait que ces acquisitions soient coordonnées avec Zurich.»