Un accord est bel et bien à bout touchant entre Genève, Vaud, la Confédération et les CFF pour développer la desserte ferroviaire entre Lausanne et Genève. Le Département genevois du territoire confirme les propos de la direction des CFF que nous avons publiés hier.
«Selon ce compromis, les cantons de Vaud et Genève libéreront un préfinancement de 300 millions de francs, dont un tiers pour Genève, détaille Christophe Genoud, secrétaire général adjoint du département. Avec cet argent, on pourrait construire plus vite la quatrième voie Lausanne-Renens et les points de croisement de Mies et Chambésy. On lancerait de plus les études sur la troisième voie Genève-Lausanne et l’agrandissement de la gare Cornavin.» Laquelle sera saturée en 2018, prédit-on. Pour y remédier, les CFF tablent sur un meilleur usage des deux voies réservées au trafic français et sur l’adjonction d’un nouveau quai, côté Jura.
Or, le canton ne l’entend pas de cette oreille. «Nous avons obtenu que les études englobent tous les biais envisageables pour accroître la capacité de la gare, explique Christophe Genoud. On a fait venir des gens de Berne pour leur montrer l’énorme impact qu’aurait sur le quartier l’ajout en surface de nouvelles voies. On y sera peut-être forcé. Mais il faut être sûr que tous les autres moyens auront été explorés. Et que celui qui sera retenu sera viable à long terme.»
Alternative souterraine
L’extension de Cornavin a déjà fait couler de l’encre, avec les recours que s’étaient interjetés les CFF et la Ville de Genève. Le maire Rémy Pagani reste sur le qui-vive: «Bâtir les voies 9 et 10 impliquerait de démolir plusieurs bâtiments depuis la rue des Gares jusqu’à la rue Malatrex. Il faudrait remodeler le quartier des Grottes jusqu’à sa place centrale, revoir tout le dénivelé, tout en faisant passer le tram de la Servette. Je doute que ce soit la solution la moins chère. Il n’y a pas de raison qu’à Zurich on perce sous la gare et qu’on ne le fasse pas à Genève.»
L’extension souterraine de Cornavin n’est que l’une des alternatives. On pourrait aussi recourir aux voies du centre postal de Montbrillant, délaissées par le géant jaune. Ou envisager, comme le fait le projet d’agglomération, un bouclement allant de la gare de l’aéroport à celle de Cornavin, sous la place des Nations, ce qui déchargerait aussi le nœud ferroviaire de Châtelaine.
Péril financier à Berne
Des investigations onéreuses sont donc en vue. Elles dépendent de la conclusion de l’accord quadripartite, qui est encore suspendu, selon nos informations, au feu vert de l’Office fédéral des transports (OFT) et du conseiller fédéral Moritz Leuenberger. Le tout dans un climat chahuté. Faisant état de restrictions dues à la conjoncture, l’OFT a annoncé hier que les projets ferroviaires seraient réalisés de façon échelonnée, de façon également à ne pas perturber l’exploitation. La 4e voie Lausanne-Renens devrait patienter jusqu’en 2019 au moins, même avec un préfinancement cantonal. Une hausse de 20% des places assises entre Genève et Lausanne a en revanche été promise d’ici à 2012.