Jeudi 21 janvier, l’aéroport prévoit un ciel inhabituellement couvert. Le plus gros avion de transport de passagers – l’Airbus A380 – survolera le bout du lac pour se poser sur le tarmac de Cointrin. Une première à Genève.
«C’est du jamais vu!» se réjouit Luc Leonardi, passionné de beaux fuselages depuis sa plus tendre enfance. Et pour cause: le mastodonte, dernier-né de la gamme Airbus, est capable d’accueillir jusqu’à 853 passagers. «Il s’agit du plus gros appareil civil en service et le troisième plus gros avion de l’histoire de l’aéronautique.»
Pourquoi cette visite hors norme? «Il s’agit des toutes premières phases d’un test», résume Aline Yazgi, chargée des relations extérieures de Cointrin. La démarche vise à obtenir une homologation en tant qu’aéroport de dégagement, en cas d’avarie par exemple. Ce processus, qui doit être validé par l’Office fédéral de l’aviation civile, est censé durer plusieurs mois. D’autres essais pourraient suivre.
Des aéronefs privés géants
A terme, Genève disposera-t-elle d’une liaison régulière avec l’A380? «Rien n’est encore à l’étude. L’aérogare de Cointrin n’a pas le potentiel pour gérer en même temps les départs et les arrivées de 500 passagers.»
Contrairement à l’aéroport de Zurich, qui, lui, teste le même jour son futur long-courrier Kloten-Singapour. «C’est le même A380 qui atterrira à Genève, mais sur le chemin du retour», précise Aline Yazgi.
Selon les spécialistes, il n’est pas exclu de revoir l’A380 à Cointrin, mais sous forme d’avion privé. «Il y aura toujours un milliardaire pour s’acheter un avion pareil pour son propre usage», estime Luc Leonardi, également membre de la Swiss Aviation Photography.
Pour accueillir un tel monstre, Cointrin a dû s’assurer, entre autres, que ses panneaux d’indication ne viendraient pas frotter contre les réacteurs de l’avion. «A cause du poids de l’A380, il a aussi fallu renforcer le tunnel routier de Ferney», ajoute le spotter, qui parcourt les aéroports du monde entier à la recherche de l’oiseau rare.
Dans cinq?jours, les amateurs de zincs d’exception pourront admirer le géant du ciel, stationné à côté de la halle de fret. «Nous avons libéré un emplacement spécial à proximité pour que le public puisse voir l’appareil, précise Aline Yazgi. Une esplanade de Palexpo offre également de bonnes perspectives.»
Dimanche dernier, à cause de la neige, une trentaine de téléobjectifs étaient déjà rivés sur le tarmac. «Il y aura beaucoup de monde jeudi en bout de piste», assure Laurent Baudillon, un autre spotter genevois.
Risque météo
L’A380 représente-t-il le Graal pour les connaisseurs? «C’est une question de sensibilité, relève Luc Leonardi. Les spotters traquent l’inhabituel.»
Le paquebot des airs quittera le tarmac vers 15?h?45. «J’imagine qu’on ne le reverra pas d’aussitôt», regrette Laurent Baudillon. Pour avoir une chance d’apercevoir celui que l’on surnomme «Super Jumbo», il est recommandé de venir en transports publics. Les différents points de vue possibles seront balisés*.
A noter toutefois qu’en raison de la météo, il se peut que l’invité du jour ne puisse pas atterrir. Le matin même, l’aéroport fera un point sur la situation*.
*www.gva.ch