Plus 43% en un an. C’est l’augmentation du chômage enregistrée par l’Office cantonal de l’emploi à Genève entre janvier 2008 et 2009 dans le secteur bancaire. La situation vaudoise n’est pas meilleure: plus 49% durant la même période, relève Roger Piccand, chef du service de l’emploi. La hausse s’accélère ces derniers mois.
«Chiffres modestes»
La différence entre les cantons est liée à la taille du secteur bancaire. Du coup, à Genève, le chômage bancaire touche 701 personnes, dont 600 pour les banques (le reste pour les sociétés financières), contre 361 dans le canton de Vaud. Patrick Schmied, directeur de l’Office cantonal de l’emploi, relativise: «Ces chiffres restent modestes par rapport à d’autres professions. Et on ne constate pour l’instant pas de grands licenciements. Peut-être parce que les délais de congé sont importants, comme les primes de départ. De plus, les banques financent souvent des reclassements. J’ai un peu l’impression que le secteur fait simplement le ménage.»
Pour l’heure, le «bruit médiatique» entourant les licenciements bancaires serait inversement proportionnel à la réalité. Qu’en pense Steve Bernard, directeur de Genève Place Financière? Que le secteur financier emploie encore plus de 33?000 personnes, mais il relève que le chômage est revenu aux chiffres prévalant en 2002. Des contacts entre Genève Place Financière et l’OCE sont donc à l’ordre du jour.
Et l’avenir? «J’ai l’impression que nous serons moins touchés que Genève ou Zurich», espère Roger Piccand. «Si nous le sommes, je ne suis pas sûr que ce soit problématique: les employés du secteur bancaire sont souvent polyglottes et très qualifiés: ils pourront retrouver du travail.» A Genève, «on ne lit plus les prévisions», explique-t-on à l’OCE. Mais l’office recrute une vingtaine de personnes supplémentaires grâce à un crédit de 2,5 millions reçu de Berne. «Le seco prévoit une hausse générale du chômage de 50%. Nous penchons pour 10% à Genève», souligne Patrick Schmied qui remarque avec malice être frappé par l’activité du seco. «Peut-être parce que Zurich et Berne souffrent plus aujourd’hui qu’auparavant.»
Investissements et impôts
Et que fait le Conseil d’Etat genevois face à la crise? Dans une réponse à une question posée par la députée Anne Emery-Torracinta, il explique vouloir accélérer les investissements. Il maintient le cap d’une baisse d’impôts ciblée sur la classe moyenne. Le gouvernement signale enfin plancher sur divers projets de réinsertion pour des demandeurs d’emploi à mettre en place par l’Hospice général.