C’est un programme très ambitieux que les Services Industriels de Genève (SIG) ont présenté hier. D’ici 2015, ils comptent multiplier par trente la part des nouvelles énergies renouvelables. Rien de moins! Ils veulent aussi inciter les Genevois à être plus économes en électricité. Coût de ce programme: 350 millions sur six ans.
Potentiel d’économies
La priorité, c’est de faire baisser la consommation d’électricité, qui continue de grimper, surtout dans les ménages (+5% par an). Alors, comment inverser la tendance? Par l’éducation et les conseils aux particuliers, aux gros consommateurs et aux collectivités, encore et toujours. «Les gens ont envie de bien faire, mais ils ne savent pas toujours comment», note Cédric Jeanneret, responsable du programme Eco21. Le potentiel existe pourtant: «On peut réduire notre consommation d’électricité de 9% sans perte de confort et en tenant compte des besoins de l’économie.» Selon lui, la consommation des ménages peut même être réduite de moitié. «A eux seuls, les appareils en stand-by engloutissent 10 à 15% de notre électricité en pure perte.»
Le site www.eco21.ch regorge de conseils pour le quotidien. Des économies sont aussi réalisables dans les communs des immeubles en installant des détecteurs de présence au lieu de laisser la lumière allumée 24?heures sur 24. Les SIG visent l’assainissement de 1000 immeubles par an. Au total, ils veulent faire baisser la consommation d’électricité des Genevois de 150 GWh par an d’ici à 2013, soit les besoins annuels d’une ville comme Lancy. Dans ce but, 50 millions seront déboursés d’ici à 2015, dont 32 millions pour des incitations financières (pour en bénéficier: www.cheque2009energie.ch).
Nouvelle centrale solaire
Le gros de l’investissement des SIG pour ce programme, 300 millions de francs, concernera la production de nouvelles énergies renouvelables. D’ici à 2015, elle devrait passer de 5,6 GWh par an à 150 GWh. Les SIG visent même les 350 à 400 GWh en 2030, en comptant l’apport du barrage de Conflan, qu’ils espèrent inaugurer en 2022. Toute une série de centrales photovoltaïques sont par ailleurs en projet ou en cours de réalisation. Celle que les SIG achèvent d’installer sur les toits de leurs immeubles du Lignon produira 700 MWh par an (pour mille heures d’ensoleillement) dès cet automne. Elle a coûté 5 millions. D’autres bâtiments des SIG seront aussi équipés en photovoltaïque.
En outre, des tractations sont en cours pour des partenariats dans des projets éoliens, dans l’arc jurassien et en France voisine. La biomasse, l’hydraulique et la géothermie ne sont pas oubliées, que ce soit en turbinant les eaux reversées dans le Rhône par la station d’épuration d’Aïre ou en réhabilitant le forage géothermique de Thônex, par exemple.
Pour financer ces 350 millions d’investissement, les SIG utiliseront notamment les 92 millions de soulte gagnés lors de la fusion EOS-Atel. Resteront 210 millions à prendre sur le cash-flow. «On ne devrait pas recourir à l’emprunt», assure le directeur général des SIG, André Hurter.