L’équipe du professeur Jerzy Paszkowski du département de biologie de l’UNIGE a étudié le rôle des dénommés «gènes sauteurs» dans le patrimoine génétique de plantes, a expliqué mardi l’alma mater genevoise. Aussi appelés rétrotransposons, ces éléments ont parasité les chromosomes des cellules au cours de l’évolution.
Le génome de l’être humain est ainsi composé pour près de la moitié de ces rétrotransposons et les cellules ont développé divers moyens afin de maintenir sous contrôle ces passagers turbulents. Sous certaines conditions, ces éléments peuvent sauter d’un chromosome à l’autre et se répliquer dans la partie active du génome.
Ce phénomène se produit lorsque des plantes sont soumises à une température augmentant brusquement de 30 degrés Celsius, ont indiqué les chercheurs genevois dans la revue «Nature». Les transposons réactivés ne parviennent toutefois pas toujours à s’implanter. Il faut pour celà qu’un garde-fou manque.
Les chercheurs ont découvert que des molécules dans la cellule appelées si-ARN peuvent maintenir en place les «gènes sauteurs». Les transposons peuvent seulement se répliquer dans le patrimoine génétique des plantes qui sont dans l’incapacité de produire des si- ARN.
Les molécules si-ARN se comportent ainsi comme les anges-gardiens de la stabilité génétique, a relevé le professeur Paszkowski dans son étude. «Les gènes sauteurs» peuvent aussi avoir des effets positifs. En modifiant le patrimoine génétique des plantes, ils les aident à s’adapter à un nouvel environnement.