S., un Equatorien de 30?ans, a-t-il violé une adolescente de 15?ans dans un petit parc du quartier des Grottes? Il assure que non. La jeune fille était ivre, affirme-t-il, et très entreprenante. Il n’a fait que suivre le mouvement. Il le regrette bien sûr aujourd’hui devant le Tribunal correctionnel. Mais, insiste-t-il, il n’est pas un violeur. S. comparaît pour viol, actes d’ordre sexuel avec un enfant et séjour illégal en Suisse.
«Y avait-il eu un consentement de sa part?» lui demande le juge Fournier. «Ça s’est passé comme ça. Moi-même, je n’arrive pas à comprendre comment, répond le prévenu. On a commencé à s’embrasser, on s’est couché.» Il a étendu sa veste sur le sol. Et puis «j’ai perdu le contrôle de ce que nous faisions». Il répète: «Je n’ai pas profité de son état d’ébriété.»
La petite sœur d’un ami
Il connaissait la demoiselle depuis de nombreuses années. C’était la petite sœur de son meilleur ami. Lequel a épousé sa propre sœur.
Lorsqu’il la rencontre ce soir du 5 décembre 2009 dans un cybercafé proche de la gare, l’adolescente se trouve avec son copain. Elle a passablement bu. Vers 20?h, il propose de la raccompagner chez elle. Le copain accepte. Mais, au lieu de la ramener au bercail, S. la conduit dans le parc en question. Durant le trajet, elle continue à boire du whisky. Ils s’asseyent sur un banc. S. commence à embrasser la jeune fille. Selon la plaignante et le Ministère public, elle lui a plusieurs fois demandé d’arrêter. Mais il a passé outre et l’a emmenée derrière les buissons et les arbustes.
Il ne se préoccupait pas trop de ce qu’elle disait. Il le reconnaît lui-même: «Je ne faisais pas attention à ses paroles. Elle me parlait de son père et de son amoureux.»
Alors pourquoi rester? lui demande le juge. «Parce qu’elle ne voulait pas rentrer chez elle.» Quant à la suite: «Je l’ai suivie, je n’ai pas pu dire non.»
«Ce n’était pas mon genre»
Avec le recul, il ne comprend même pas comment ils ont pu entretenir des rapports sexuels dans ce petit bois «sale, dégueulasse où il y a plein de gens qui passaient». Quant à la jeune fille, est-ce qu’elle lui plaisait? demande le juge. Même pas. «Ce n’était pas mon genre.»
Me Maïssa Fattal, à la défense, plaide l’acquittement. Me Camille Odier sollicite que S. soit reconnu coupable. Le procureur Olivier Lutz réclame, lui, une peine de quatre ans de prison ferme.
Verdict aujourd’hui.