Un des mystères de l’Univers est la disparition de l’antimatière. Surtout sachant que lors du Big-Bang, matière et antimatière ont dû être produites en quantité égale et qu’il ne reste plus que la matière qui constitue notre monde. Mais la connaissance progresse: les scientifiques de l’expérience ALPHA, au CERN, viennent de réussir à capturer 38 atomes d’antihydrogène durant un dixième de seconde, selon un article qui parait aujourd’hui dans la revue Nature. Un nombre et une durée de vie insuffisants pour menacer le Vatican, comme dans le livre Angels Demons, mais un point de départ pour les étudier et les comparer avec l’élément le plus abondant dans l’Univers, l’hydrogène.
Les premiers atomes d’antihydrogène – composé d’un positon (soit un antiélectron) en orbite autour d’un antiproton – ont été produits au CERN en 1995. Depuis, les scientifiques de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire en ont produit des dizaines de millions. Cependant, comme les atomes d’antihydrogène sont électriquement neutres, ils ne peuvent pas être confinés: ils migrent naturellement vers les parois du piège. Ces parois étant constituées de matière, le contact provoque l’annihilation des antiatomes quelques microsecondes après leur création.