Les démographes appellent la période qui s’ouvre en Europe l’«hiver démographique». Vieillissement, population en baisse: l’Allemagne, le pays le plus peuplé d’Europe en 2010, est celui qui connaîtra le recul le plus marqué, selon le dernier rapport de la population mondiale, présenté hier par l’ONU à Londres. Peuplée de 82,3 millions d’habitants l’an dernier, l’Allemagne va en perdre près de 12 millions d’ici à 2100. Si l’on observe l’évolution de la population active, le recul est encore plus net. Le taux de fécondité est le principal facteur de cette baisse. Avec 1,39 enfant par femme, l’Allemagne n’atteint pas le seuil de renouvellement de sa population. Malgré les réformes, la conciliation de la maternité et de l’activité professionnelle demeure
problématique outre-Rhin. En Europe, la France fait figure d’exception avec un taux de fécondité légèrement supérieur à 2. Sa population croît pour dépasser les 80,2 millions d’habitants en 2100. Avec le Royaume-Uni, elle serait un des rares pays européens à compter alors plus d’actifs qu’aujourd’hui. Ce taux de natalité devrait alléger sa facture vieillissement de 2?points de produit intérieur brut par rapport aux 4,7% de dépenses en moyenne européenne.