Le forcené de 67 ans qui a grièvement blessé un policier bernois dans la nuit de mercredi à jeudi dans le quartier des Tilleuls à Bienne (BE) est en fuite. «On doit craindre qu’il est armé», a indiqué François Gaudy, responsable de la police pour la région de Bienne.
Le forcené est parvenu à prendre la fuite après avoir grièvement blessé le policier peu après 1 h, a indiqué la police cantonale en début d'après-midi devant la presse à Bienne. La police bernoise a mis sur pied une vaste chasse à l’homme pour tenter de le retrouver.
Peu après 1 h, l’homme est brusquement sorti de sa maison et a ouvert le feu sur les forces d’intervention, écrit la police dans un communiqué. L’état de santé du policier blessé est jugé stable pour le moment.
Comment est-il passé par les mailles du filet?
Le quartier des Tilleuls est bouclé par la police depuis la matinée d'hier. Comment est-il pu passer ainsi par les mailles du filet? Priorité à la sécurité, répond en substance le porte-parole de la police: à partir du moment où les forces de l'ordre savaient l'homme armé, et surtout à partir du moment qu'il a fait usage de son arme en visant et blessant un policier, la protection des gens - riverains et forces de l'ordre - a primé sur le reste.
On peut supposer aussi que le dispositif policier s'est relâché au moment où il s'agissait de médicaliser et évacuer le blessé. C'est vraisemblablement à ce moment que le forcené a réussi à s'enfuir.
On craignait que la villa soit piégée
Mais si le forcené a réussi à prendre la fuite à 1 h du matin, pourquoi a-t-il fallu douze heures pour le communiquer? Encore une fois, raison de sécurité: la police craignait que la villa soit piégée à l'explosif.
Tôt ce jeudi matin, un hélicoptère Super Puma de l’armée a longuement survolé la zone et est finalement parti aux alentours de 7 h 15. L’appareil était muni d’une caméra détectrice de chaleur spécialisée dans le repérage de personnes.
Des policiers spécialisés sont ensuite entrés dans le bâtiment. Une foulle minutieuse a permis vers midi d'aboutir à deux certitudes. Le forcené n'avait pas miné son logis. Mais il ne s'y trouvait plus non plus.
Rumeur, puis certitude de fuite
Dans la matinée déjà, la police a élargi son cercle de recherches. Des patrouilles ont ainisi été vues dans la gare CFF. Selon les chauffeurs de taxi, ce serait totalement inhabituel. De quoi accréditer la rumeur qui a enflé en ville: le forcené ne serait plus dans sa villa. Peut-être même aurait-il réussi à quitter le secteur bouclé par la police.
De fait, le périmètre de recherche a été peu à peu étendu. Puis nouvelle rumeur en début d'après-midi: le forcené a été capturé... dans la forêt proche du quartier! C'est peu après que la police a convoqué le point de presse...
Chasse à l'homme
En ce début d'après-midi, le forcené est dans la nature. Peut-être a-t-il conservé son arme? Il s'agit d'un fusil, sans précision sur son type.
Le dispositif policier mis en place pour le retrouver a dépassé le nombre à trois chiffres. Sans autre précision non plus.
Comme la police bernoise était engagée à plusieurs endroits du canton ce jeudi, elle est appuyée par des unités provenant d’autres cantons, notamment Zurich et Bâle. Les pompiers ainsi que les ambulanciers, les autorités de l’inspectorat de police de la ville de Bienne et la protection civile ont aussi été mis à contribution, précise la police dans un communiqué.
Voisinage évacué
Dans le quartier des Tilleuls, le dispositif policier a été renforcé en matinée et l’école du quartier a été fermée par précaution. Les élèves qui n’ont pas pu retourner chez eux ont été rassemblés dans la halle de gymnastique, selon une information diffusée aux parents.
Tout le quartier est bouclé depuis hier matin 24 heures. Une quarantaine de voisins ont été évacués. Certains sont dans des abris de la protection civile, d’autres ont trouvé refuge chez des proches.
Si le sexagénaire est en fuite, le quartier reste bouclé, officiellement pour mener les investigations pour les besoins de l'enquête.