Les Américains n’aiment pas les politiciens à la vie dissolue. Herman Cain, le seul candidat afro-américain à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, vient d’en faire l’expérience. D’abord accusé de harcèlement sexuel par deux femmes, l’ancien patron de la chaîne Godfather’s Pizza n’a pas résisté aux allégations de Ginger White, qui a affirmé lundi dernier avoir été sa maîtresse pendant treize?ans.
Samedi, Cain a «suspendu» chez lui à Atlanta (Géorgie) sa campagne. «Je suis en paix avec mon Dieu. Je suis en paix avec ma femme et elle est en paix avec moi», a-t-il affirmé à quelques centaines de supporters réunis à l’origine pour inaugurer son nouveau siège de campagne.
Au fil des accusations, la stratégie de Cain devenait de plus en plus déroutante. Vendredi, il avait même lancé un nouvelle rubrique sur son site Internet intitulée «les femmes pour Cain», dans laquelle il publiait des messages de soutien envoyés par des admiratrices.
Dans un discours confus et ponctué d’envolées lyriques, à l’image de ses récentes prises de position, Herman Cain a assuré samedi à ses partisans qu’il continuerait à faire la promotion de son «plan 999». L’Afro-Américain avait fait un bond dans les sondages en octobre après avoir proposé cette réforme de la fiscalité. L’idée était de réduire le taux d’imposition sur le revenu de 35% à 9%, d’avoir une taxe à 9% pour les entreprises, et de créer une TVA fédérale de 9% qui viendrait s’ajouter à l’actuelle TVA étatique.
Cette idée avait assuré à Cain un soutien solide de la part de conservateurs, qui préconisent des baisses d’impôts sur le revenu pour relancer l’économie. Et, malgré la multiplication des révélations et des accusations sur sa vie privée, il pointait encore en troisième position dans le camp républicain, derrière Newt Gingrich et Mitt Romney.
A l’issue de son intervention de samedi, ses anciens adversaires ont immédiatement fait les louanges du «plan 999» de Cain pour récupérer ses électeurs. Avec son retrait, la course à l’investiture républicaine prend des allures de duel entre Newt Gingrich et Mitt Romney. A un mois du premier scrutin dans l’Iowa, Gingrich recueille 25% d’intentions de vote, contre 18% pour le trublion Ron Paul et 16% pour Mitt Romney.