DURBAN

Victoire historique: la Suisse aux anges, l'Espagne en enfer

Par DANIEL VISENTINI/agences le 16.06.2010 à 18:10. mise à jour le 18.06.2010 à 16:35

Les titres espagnols sont partagés jeudi entre inquiétude et espoir au lendemain de la "déroute incroyable" de la "Roja" face à la Suisse (1-0) au Mondial-2010 de football en Afrique du Sud.

"C’est l’Espagne de toujours", qui ne parvient pas à faire valoir ses qualités en Coupe du monde, et cette défaite "injuste" a mis la sélection espagnole "au bord de l’abîme", selon le quotidien sportif Marca. Toutefois "la bouteille est encore à moitié pleine", ajoutait le journal, soulignant, tout comme l’autre quotidien sportif madrilène, As, qu’il était encore possible de redresser la barre lors des deux derniers matches du groupe H contre le Honduras puis le Chili.

De nombreux quotidiens, comme ABC, titraient sur la "déception" ressentie après cette "déroute incroyable" (Mundo Deportivo) d’une des équipes favorites de la compétition en Afrique du sud, qui est désormais en "alerte rouge" (El Periodico).

Les Espagnols ont certes "manqué de chance" devant le but suisse, mais ils ont "abusé du jeu de passes et oublié la verticalité" (Marca). L’Espagne est "restée muette devant la muraille suisse" (El Pais). En outre, l’arbitre anglais Howard Webb a "clairement nui à l’Espagne dans toutes ses décisions", clamait AS, estimant, comme la plupart des médias espagnols, que le but suisse était entaché d’un hors-jeu et que la victoire helvétique n’était pas méritée.

"Il faut nous rebeller contre cette situation", a déclaré le sélectionneur espagnol Vicente del Bosque, abondamment cité par les médias. Pour les médias espagnols, le redressement attendu ne peut passer que par une large victoire de la "Roja" lors de son prochain match lundi à Johannesburg contre le Honduras.

AFP

 


 

Ottmar Hitzfeld calme le jeu

Conscient d'avoir écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football suisse, Ottmar Hitzfeld a tenu très vite à calmer le jeu. «Nous n'avons encore rien atteint dans cette Coupe du monde, lance-t-il. Le prochain match contre le Chili sera encore aussi compliqué !».

Avec ce discours, Ottmar Hitzfeld tient à tempérer la douce euphorie dans laquelle ses joueurs vont baigner ces prochaines heures. «L'équipe a livré une grande performance pour remporter trois points que l'on n'attendait pas, poursuit-il.

Avec cette victoire, nous avons fait le plein de confiance avant le match contre le Chili. Pour obtenir un résultat face aux Sud-Américains, mes joueurs devront encore élever le niveau de jeu».

Ottmar Hitzfeld a pris conscience très vite que le coup était jouable à Durban face aux Champions d'Europe. «Nous avons bien commencé la rencontre. La qualité de notre organisation n'a pas permis à l'Espagne de se créer beaucoup d'occasions, souligne-t-il. La maison n'a pas vraiment brûlé dans nos seize mètres. Au fil des minutes, les Espagnols ont été gagnés par la nervosité. Ils sont devenus moins précis dans leurs passes. Ils ont trop abusé des centres. Nous sommes vraiment parvenus à les faire déjouer !»

ATS





La victoire historique d'une Suisse héroïque

Une corrida. Hier à Durban, entre cette Espagne si altière et cette Suisse si humble, on annonçait une lutte inégale, une issue inéluctable. Comme si la victime expiatoire, désignée d’office, n’avait pas les moyens de sa rébellion. C’était avant le coup de corne improbable, avant que la Suisse, qui tenait tête à cette grande Espagne, ne décide d’inverser les rôles et ne tienne l’épée par le manche.

Il ne faut pas s’y tromper: la victoire obtenue par la Suisse, hier, face à l’un des favoris du Mondial est extraordinaire. La tentation serait d’y voir le miracle de Durban. Forcément. Parce qu’après 18 matches contre la sélection ibérique, l’équipe nationale alignait les revers (3?nuls, 15 défaites). Parce qu’en matière de hiérarchie, les entorses à la bienséance sont trop rares. Eh bien si la Suisse a réussi son tour de force, si elle est parvenue à repousser les frontières du possible, elle n’a pas à en rougir.

Chiffres implacables?

Oh, bien sûr, les chiffres, implacables, sont là. L’Espagne a monopolisé le ballon, s’est créé des occasions, a copieusement dominé la partie de bout en bout. C’est bien. Mais c’était prévu. Ce n’est pas forfanterie d’après-match que de rappeler les plans d’Ottmar Hitzfeld: jouer compact, appliquer une discipline défensive stricte. Le sorcier allemand avait même évoqué la possession de balle, largement en faveur de l’Espagne bien sûr, et la nécessité de profiter des moindres occasions. L’homme n’est pas surnommé «Gottmar» pour rien, il y a sans doute une part de divination chez lui puisque toutes ses prédictions se sont réalisées.

C’est la différence entre les grands entraîneurs et les autres. Hitzfeld avait tout prévu. Le reste, c’est ce petit supplément d’âme, c’est cette baraka, tout ce qui façonne la légende, tout ce qui rend un exploit historique possible. Avec la Marche Royale comme hymne, l’Espagne avait pourtant immédiatement donné le ton. La marche a eu lieu oui. Royale, elle ne fut jamais. Par la grâce d’un Benaglio extraordinaire de sang-froid. Omniprésent dès le début contre Villa (10e), étourdissant face à Piqué pour la plus grande occasion espagnole (24e), remarquable de calme tout du long, même lorsque Xabi Alonso alluma la latte (70e).

Alors oui, les Espagnols ont confisqué le ballon. Mais sans en profiter. Et c’est là tout le mérite de cette Suisse. On pourra toujours ergoter, la tactique mise en place étant essentiellement destinée à bloquer l’adversaire et à profiter d’une chance en croisant les doigts pour qu’elle surgisse. Mais enfin, Ottmar Hitzfeld a-t-il le choix? Le sélectionneur a tout simplement tiré le maximum de son équipe: la performance physique n’est pas à négliger, et l’on comprend mieux les exercices intensifs du stage de Crans-Montana. Il fallait bien cela pour contenir l’Espagne. Oui, il fallait bien cela pour trouver l’énergie de l’exploit à la 52e, avec ce but de Gelson Fernandes ou le fol espoir de Derdiyok qui s’écrasait sur le poteau, à quelques centimètres du 2-0 pour la Suisse (74e).

Première place du groupe

Forte d’un succès si prestigieux que personne n’osait en murmurer la possibilité avant le match, la Suisse a donc commencé son Mondial de la plus belle des façons. Tous les horizons lui sont ouverts désormais, celui d’une qualification pour les huitièmes de finale en premier lieu. Le rendez-vous est déjà pris avec le Chili, lundi prochain. La Suisse de Hitzfeld a même le droit de viser la première place de ce groupe H. Cette fois, ce sera à elle d’animer la corrida.

Daniel Visentini

 

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