François Fillon, lors d’un meeting électoral à Paris, s’est élevé contre l’insécurité en demandant aux électeurs que la violence inquiète de «ne pas se disperser dans leurs votes». Cette récupération tendait à couper l’herbe sous le pied du Front national qui reste un acteur important du second tour des élections régionales. Hélas pour le premier ministre français, il a utilisé, pour illustrer son propos, l’agression subie par des policiers le 8 mars dernier à Epernay. Il a même annoncé le décès de l’un d’eux:
«Plusieurs affaires ont souligné cette violence barbare. La semaine dernière, à Epernay, des voyous ont violemment caillassé des policiers qui procédaient simplement à un contrôle routier. L’un d’entre eux vient de décéder...»
La gaffe! Le policier en question est certes dans un état grave, subit des opérations chirurgicales, mais est bel et bien vivant! La police confirme en effet que le premier ministre s’est trompé et Matignon a confirmé la bourde en fin de matinée.
Inutile de préciser que le Parti socialiste a saisi la balle au bond en fustigeant ce type de récupération, d’autant que la sécurité publique ne dépend pas des régions, mais d’une politique nationale.