«La simultanéité d’une vie qu’on attend et d’une mort qui survient plonge souvent les parents dans un abîme. Et il est très difficile de faire le deuil d’un enfant qui n’a pas ou peu vécu», relève Manuel Tornare. C’est en ces termes emplis d’émotion que le conseiller administratif a célébré hier la première cérémonie genevoise laïque dédiée au deuil périnatal.
Une cinquantaine de personnes se sont réunies en fin de matinée au cimetière de Saint-Georges sur le nouveau lieu de recueillement destiné aux parents qui n’ont pas pu donner une sépulture à leur enfant à naître. Pour concrétiser ce «très désiré» projet, la Municipalité a mandaté Carmen Perrin. Son œuvre est composée de 49 carillons suspendus à un cèdre. Une belle manière de confier au vent, qui fait tinter les instruments sonores, les âmes de ces petits êtres partis trop tôt…
Cette «sépulture», subsistant sur le site pendant sept?jours, sera reconstituée chaque année, lors de la pleine lune du mois de mai. Elle crée ainsi un lieu à la fois éphémère et permanent, à l’image de ces enfants disparus, mais toujours présents dans la mémoire de leurs familles et de leurs proches.