Les deux agences de l'ONU lancent un nouveau plan d'action pour combattre ce fléau.
"Il est tragique de constater que la diarrhée, guère plus qu'une gène passagère dans les pays développés, tue chaque année 1,5 million d'enfants", a déclaré Ann Veneman, directrice du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).
"Il existe des traitements efficaces et peu coûteux, mais dans les pays en développement seulement 39% des enfants atteints de diarrhée reçoivent les soins nécessaires", a-t-elle ajouté.
Neuf millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année. La diarrhée vient immédiatement après la pneumonie comme cause principale et les deux maladies sont ensemble à l'origine de 40% des décès, devant les causes néo-natales, la malaria, la rougeole, le sida.
L'Inde pays le plus touché
Plus de 80% des décès provoqués par des diarrhées surviennent en Afrique (46%) et en Asie du sud (38%). L'Inde est le pays le plus touché, avec 386'000 dècès par an, devant le Nigéria (151'000), la RDC (90'000), l'Afghanistan (82'000) et l'Ethiopie (73'000).
Le rapport de l'UNICEF et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) attribue 88% des 2,5 milliards de cas d'affections diarrhériques qui ont lieu chaque année dans le monde à l'insalubrité de l'eau, un assainissement insuffisant et un manque d'hygiène.
Une personne sur quatre (1,2 milliard) dans les pays pauvres défèque en plein air, dont 665 millions en Inde. Quelque 129 millions d'enfants souffrant de malnutrition sont plus vulnérables, alors que seulement 37% des enfants sont nourris exclusivement au lait maternel, plus sûr, parce qu'il évite d'utiliser de l'eau contaminée.
Autrs priorités
Dans les années 1970 et 1980, des campagnes ont permis de faire baisser la mortalité enfantine grâce à l'utilisation des sels de réhydratation orale (SRO). Mais l'OMS a constaté que la communauté internationale a déplacé ses priorités sur d'autres urgences et que la mortalité stagne ces dernières années au lieu de reculer.
Un ensemble de mesures peut réduire le nombre de décès, comme des sels de réhydratation, l'administration de zinc, la promotion de l'allaitement exclusif au sein, la supplémentation en vitamine A, la promotion du lavage des mains au savon, les vaccinations contre les rotavirus et la rougeole, l'amélioration de l'approvisionnement en eau.
Le lavage des mains à l'eau et au savon diminue l'incidence des affections diarrhéiques de plus de 40%, ce qui en fait l'une des interventions les plus efficaces et les moins coûteuses, affirment l'UNICEF et l'OMS.