Des milliers de Bouddhistes ont acclamé le chef spirituel des Tibétains à son arrivée en hélicoptère près du monastère de Tawang, à 3500 mètres d'altitude, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Le lauréat du Prix Nobel de la paix a salué la foule en se déclarant «très heureux» de se trouver à Tawang, le deuxième plus grand monastère tibétain en Inde, qui fut son premier lieu de résidence après sa fuite du Tibet en 1959.
«Il y a beacoup d'émotions ici», a dit le dalaï lama. «Quand j'ai fui la Chine en 1959, j'étais très faible mentalement et physiquement», a-t-il ajouté. «Les Chinois ne nous ont pas poursuivis en 1959, mais quand je suis parvenu en Inde, ils ont commencé à m'accuser».
Fin octobre, la Chine avait exprimé sa «ferme opposition» à cette visite, considérée comme une provocation destinée à nuire aux relations entre les deux pays.
La tension est montée ces derniers mois entre la Chine et l'Inde au sujet de leur conflit territorial sur la frontière de l'Himalaya, qui avait provoqué un conflit bref mais sanglant en 1962. La presse a fait état de mouvements de troupes et d'incursions des deux côtés.
New Delhi affirme que la Chine occupe 38'000 km2 de son territoire au Cachemire. Pékin rétorque qu'une partie de l'Arunachal Pradesh, qui couvre 90'000 km2, lui appartient et fait partie du Tibet. Le dalaï lama avait affirmé le 31 octobre qu'il soutenait l'Inde dans ce conflit frontalier.
Le chef spirituel tibétain a renoncé depuis longtemps à l'indépendance du Tibet et opté pour une diplomatie dite de la «voie moyenne», consistant à réclamer une large «autonomie culturelle» pour cette région.