Pas question de laisser les partis recourir à des spots à la TV et à la radio pour vanter leur mot d'ordre en vue des votations fédérales. Par 119 voix contre 58, le Conseil national a refusé mardi d'entrer en matière sur ce projet combattu par la droite et le Conseil fédéral.
La nouvelle législation, issue d'une initiative parlementaire d'Andreas Gross (PS/ZH), obligerait la SSR, ainsi que les autres radios et télévisions qui sont subventionnées via le produit de la redevance, à ouvrir leur antenne.
Les partis, pour autant qu'ils disposent d'un groupe parlementaire au niveau fédéral, ainsi que les comités d'initiative et référendaires, pourraient diffuser des spots. Les coûts de diffusion seraient pris en charge par les médias concernés mais ceux de production resteraient du ressort des partis et comités. Les clips politiques ne seraient pas autorisés avant les élections fédérales.
Il s'agit de «faire en Suisse ce qui est une évidence à l'étranger», a plaidé en vain Andreas Gross (PS/ZH). Selon lui, les campagnes manquent de transparence et d'équité. Certains partis n'arrivent pas à se faire entendre, faute de moyens financiers. La population ne peut se forger une opinion si seules certaines voix monopolisent le débat. Moutons noirs en trois dimensions
Le camp bourgeois a dénoncé un «leurre». Il est impossible de fixer dans la loi quand une campagne est équitable ou ne l'est pas, a estimé Rudolf Joder (UDC/BE). Les spots risquent de se réduire à de simples slogans. «Pensez un peu à ce qui se passerait avec la votation sur les minarets», a lancé Ruth Humbel (PDC/AG).
«Si vous avez aimé les moutons noirs en deux dimensions, vous allez les adorer en trois dimensions», a renchéri Isabelle Moret (PLR/VD) Pire, seuls les partis les plus riches pourraient s'offrir de clips percutants. Et la droite de s'opposer une intervention de l'Etat ainsi qu'à une législation beaucoup trop compliquée.