Genève, 20 juillet. – Avec Jean-Claude Fontanet, Genève perd l’un de ses plus grands artistes, un écrivain dont l’œuvre insolite et savoureuse n’a jamais rencontré la notoriété qu’elle méritait. Et pourtant! Par la vigueur de son ironie, par la puissance sensorielle qui nourrit son univers métaphorique, par sa stratigraphie lexicale, et surtout par l’ampleur du flux de conscience qui parcourt ses ouvrages, Fontanet s’apparente aux meilleurs, en particulier à Claude Simon. L’un de ses traits, peut-être celui qui lui a valu sa réputation «d’écrivain difficile», était de choisir des personnages torturés, aux prises avec toutes les faiblesses et tous les doutes… Ce parti pris moderniste est la porte de son œuvre: Fontanet en fait jaillir une jubilation d’écriture qui illumine ses livres de part en part. Ainsi se révèle chez lui, à chaque ligne, l’homme dans son combat et sa nudité. Rendons-lui hommage, lisons-le, rééditons-le, enseignons-le aux enfants de Genève!