Genève, 26 février. – Lorsque je me déplace en taxi, il n’y a pas de trajet dans le quartier de la Jonction où je n’entende les chauffeurs rouspéter contre les travaux du tram (…). Lorsque, par ailleurs, je lis dans l’Encre Bleue toutes les raisons qui font que certains râlent pour des causes singulièrement petites, mesquines, insignifiantes ou futiles, je ne peux que déplorer, une fois de plus, à quel point notre société matérialiste délaisse les valeurs essentielles, comme la solidarité et la fraternité, pour laisser place de plus en plus à l’égocentrisme, au petit bien-être personnel et à l’indifférence. Comment ne pas pouvoir relativiser ces revendications dérisoires rapportées aux horreurs innommables et tragiques que subit le peuple haïtien qui nous transmet une belle leçon de vie, de courage de foi et d’espérance? Il y aurait bien des actions à entreprendre dans notre pays afin de nous rendre solidaires en laissant de côté les tracasseries et les préoccupations centrées sur soi-même. Aider son prochain et les personnes défavorisées, dans la souffrance et l’isolement, respecter les droits de l’enfant, soutenir les jeunes dans leurs recherches d’emploi, s’engager dans l’action humanitaire et enfin trouver ensemble des solutions à tous ces problèmes qui nous interpellent quotidiennement. «Car… foules sentimentales, on a soif d’idéal…!» comme le chante si bien Alain Souchon.